Archives de l’auteur : Moret Jean-Charles

À propos Moret Jean-Charles

Fondateur de l'Association Pro Forteresse Co-fondateur de l'Association Fort Litroz

A42 – A43 Ouvrages lance-mines de Manoday

Pour fournir un appui-feu à la zone morte de la cuvette d’Orsières, trop proche pour être battue par les canons de forteresse des ouvrages d’artillerie de Champex-Lac et de Commeire, l’armée a construit, en 1940, deux ouvrages de protection lance-mines dans le versant de la montagne qui domine Champex-Lac.

Il s’agit d’ouvrages en béton armé très spéciaux destinés à abriter, sous une coupole d’acier, deux lance-mines d’infanterie de 8,1 cm modèle 1931. Il n’existait que quelques ouvrages de ce type en Suisse et, à notre connaissance, les deux lance-mines de ce type situés à Champex (propriété de l’Association Pro Forteresse) sont les seuls qui subsistent.

Les deux ouvrages, très compacts, sont enterrés. La troupe pouvait y installer un lance-mine sur une plate-forme rotative supportant la coupole, dont le pivotement angulaire permettait de battre un large secteur de feu. Les lance-mines n’étaient pas installés à demeure mais simplement posés sur la plateforme, en appui sur leur bipied. L’azimutage s’effectuait en tournant un grand volant disposé latéralement par rapport à la plateforme mobile. Entre les phases d’utilisation, l’étroit créneau de tir découpé dans la coupole blindée était obturé par une simple plaque en aluminium amovible. A l’extérieur, la coupole rotative était elle-même protégée par une embrasure semi-circulaire en forme de croissant.

Les deux ouvrages lance-mines sont complétés par un ouvrage d’observation, servant d’observatoire et jouissant d’une large vue sur la cuvette d’Orsières, et par un ouvrage en béton hors sol, aux murs épais, qui servait de magasin à munition pour stocker les réserves de projectiles des lance-mines.

A5 Tsalevay – fortin d’infanterie

Secteur: Val d’Entremont, Bourg-Saint-Pierre

Situation: Bourg-Saint-Bernard

Altitude: 2130 m

Type: hors sol

Construction: béton armé

Affectation: position de barrage

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 14 hommes

Mission: interdire toute progression par les hauteurs de la rive droite visant à contourner la position de barrage de Sarreire

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe. 2 mitrailleuses Mg 11, remplacées par 2 mitrailleuses Mg 51

Embrasures: 2 embrasures de tir

Infrastructures: logement intérieur (14 lits) séparé du local de combat

Camouflage: toiture à deux pans installée sur la dalle de couverture pour donner l’illusion d’un chalet d’alpage. Les plans prévoyaient également le dallage du toit et l’installation de murs en pierres sèches dissimulant les faces en béton, mais ces derniers travaux n’ont pas été réalisés

Particularité: La partie logement était originellement éclairée par 2 fenêtres qui ont été murées par la suite

Etat actuel : vidé et désarmé après déclassement

A3 Cantine de Proz Est – fortin d’infanterie

Cet ouvrage a été construit peu avant la deuxième guerre mondiale. Puis, curant la guerre, il faut complètement modifié et l’ouvrage d’origine sert de sous-sol avec logement de l’équipage.

L’ouvrage présente un magnifique camouflage, mais celui-ci est train de se dégrader, car non entretenu.

Depuis la construction du barrage des Toules, la route internationale Suisse-Italie a été recouverte par les eaux et une nouvelle route couverte fut construite au-dessus du lac. A partir de ce moment, cet ouvrage n’avait plus de raison d’exister et il servit a des exercices de tir et de dépôt du le matériel.

A02 Marengo, la sentinelle oubliée du Gd St Bernard

Le fortin d’infanterie de Marengo est situé sur la commune valaisanne de Bourg-Saint-Pierre (Suisse), au pied nord du légendaire col du Grand-Saint-Bernard! Bâti à 2040 m d’altitude sur l’alpage de La Pierre, il domine et contrôle directement le débouché de la route descendant de la crête des Alpes valaisannes, frontière naturelle entre l’Helvétie et l’Italie. Sa position est remarquable car il ne faut guère qu’une dizaine de minutes par parvenir à l’ouvrage depuis l’Hospice…

Sa construction par l’Armée suisse remonte à la seconde guerre mondiale et participe d’un effort considérable initié en 1940 pour fortifier dans l’urgence les Alpes helvétique face l’Italie fasciste.  A l’époque et durant la guerre froide, l’ouvrage constituait à la fois le premier verrou qu’un agresseur venu de la Vallée d’Aoste (Italie) aurait rencontré et  le premier maillon d’une longue chaîne de positions fortifiées établies pour verrouiller la Vallée d’Entremont en amont du carrefour stratégique de Martigny.

Comme partout ailleurs en Suisse, le système comprenait des positions de barrage échelonnées en profondeur dans le territoire, destinées à ralentir et à bloquer pas à pas l’assaillant, en profitant des moindres possibilités offertes par la topographie locale : cluses rocheuses, verrous glaciaires, gorges,  viaducs, tunnels, etc. Cette défense élastique en profondeur, basée sur le compartimentage d’un terrain déjà fortement cloisonné par la nature, obligeait l’assaillant à progresser linéairement, en suivant le fond des vallées encaissées et en étirant ses forces à l’excès. Sans possibilité de déployer ses moyens pour éviter ou contourner les verrous défensifs, il était contraint de les affronter frontalement les uns après les autres pour tenter de forcer le passage. Avec pour effet corolaire d’annihiler sa supériorité en hommes et en matériels, et d’avantager les défenseurs. Bref, un système à l’opposé du choix opéré à l’époque par l’Armée française qui avait tout misé sur une défense fortifiée linéaire. Avec le risque que le pays entier tombe comme un fruit mur si la Ligne Maginot venait à être enfoncée ou contournée, comme l’Histoire l’a malheureusement démontré…

Malgré son abandon durant près de 25 ans, l’ouvrage de Marengo, qui fête ses 70 ans, est étonnamment bien conservé, preuve de la qualité exceptionnelle de sa réalisation et du soin apporté à sa construction à l’époque. Les treillis de camouflage en trompe-l’œil, ajoutés dans les années 1960/70 pour casser les ombres portées devant les ouvertures, sont intacts et arborent toujours leurs peintures de camouflage en trois tons destinées à « fondre » l’ouvrage dans le paysage. A l’intérieur, les locaux et les couloirs sont peints en blanc pour refléter la lumière. Ils paraissent avoir été réalisés hier. Aucun fer à béton visible, aucune coulure d’oxydation, pas la moindre trace d’humidité ou de moisissure ! Pourtant, on se trouve dans un ouvrage semi-enterré, taluté dans la pente du versant…  Lorsqu’on pénètre à l’intérieur, rien ne parait avoir changé depuis 70 ans. Seuls manquent la mitrailleuse du local de combat et les châlits de bois sur 2 niveaux qui se trouvaient dans le logement, démontés et récupérés lors de la désaffectation de l’ouvrage. L’ouvrage est sain et il suffirait de le rééquiper pour qu’il puisse reprendre du service…

Dans la nomenclature des ouvrages fortifiés suisses, il porte la désignation « A2 », le « A1 » étant un ouvrage de haute altitude situé encore plus près de l’arête frontière, bien au-dessus de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. Cela méritait d’être souligné car la Suisse a construit plus de 21’000 fortifications depuis la première guerre mondiale, la plupart durant ou après la seconde guerre mondiale et jusque  vers l’an 2000. Cela représente la plus grande densité au monde (avec l’Albanie), car la superficie de la Suisse n’est, rappelons-le, que de 41’000 km2!  Soit une fortification pour 2 km2 en moyenne. En réalité, la densité est bien plus forte car ces ouvrages ne sont pas dispersés uniformément sur le territoire mais regroupés le long des frontières naturels et échelonnés le long des axes de pénétrations routiers et ferroviaires,  notamment les transversales alpines (Grand-Saint-Bernard et haute vallée du Rhône à l’ouest, Gothard au centre et haute vallée du Rhin à l’est).  On en trouve un grand nombre le long du massif du Jura, de Genève à Schaffhouse, entre le Lac Léman et le Lac de Constance. Mais la plus forte densité se trouve dans l’arc Alpin, du Léman à la frontière autrichienne, qui constituait le cœur du légendaire « Réduit alpin national » (Valais, Tessin, Grisons, Oberland bernois et Suisse centrale).A titre d’exemple, on compte 130 ouvrages fortifiés sur l’axe transalpin du Grand-Saint-Bernard, entre l’Hospice et le château de Chillon sur le lac Léman (Montreux), auxquels il faut ajouter à peu près 200 ouvrages minés et barricades antichars (sur route ou sur rail). Chaque pouce de l’itinéraire est battu par au moins un ouvrage fortifié, parfois par plusieurs et il n’existe pas un kilomètre carré qui ne soit sous pas sous le feu d’un ou plusieurs gros ouvrages d’artilleries (artillerie de forteresse en casemate sous rocher armées de pièces de 75, 105 et 150  mm).

On le voit, la défense du pays était basé sur un maillage serré du territoire qui ne laissait aucune chance à l’agresseur et qui avantageait fortement la défense. Mais cela est aujourd’hui du passé puisque la Suisse a décidé, dans le cadre de sa restruction en cours, d’abandonner l’ensemble de son système fortifié….

 

 

 

 

Ce maillage étroit du territoire destiné à prévenir toute invasion de la Suisse par les forces de l’Axe,  était la pierre angulaire du nouveau système défensif établi à partir de l’été 1940 par le général vaudois Henri Guisan, commandant en chef de l’Armée suisse durant la seconde guerre mondiale. Conscient de l’impossibilité matérielle pour la petite armée suisse (800’000 hommes environ) de défendre toutes ses frontières face à un ennemi qui encercle désormais la Confédération helvétique,  le général préconise dès 1940 d’établir de solides positions défensives échelonnées dans la profondeur du pays et réparties le long des axes de pénétrations (ferroviaires et routiers). L’idée est d’établir une défense tous azimuts destinée à  parer à une menace qui peut désormais venir de toute part, en concentrant la majorité des troupes dans les Alpes et sur les passages alpins pour établir un solide réduit défensif

, quitte à devoir abandonner les villes et les centres industriels du moyen pays (Plateau suisse) si nécessaire

optant pour une stratégie basée sur une défense élastique en profondeur, s’appuyant sur des positions fortifiées établies aux points-clefs et sur les passages obligés que l’ennemi ne peut contourner ou éviter, de façon à user l’assaillant, en mettant à profit tous les points forts de la topographie pour le bloquer.

 

A4 Cantine de Proz Ouest – fortin d’infanterie

Ce petit ouvrage d’infanterie, situé en bordure du lac des Toules n’a plus de raison d’être depuis la construction du barrage des Toules qui a noyé l’ancienne route pour la remplacer par une galerie sur la rive droite.

A0936 La Clusette – fortin d’infanterie – Neuchâtel

Cet ouvrage est très particulier. Nous ne savons pas s’il existe un autre exemplaire du même type.
En effet, au local de combat, situé au-dessus des locaux protégés situé à l’entrée de l’ouvrage, il y deux directions de tir possibles. Les deux positions peuvent recevoir soit une mitrailleuse Mg 51 ou un canon ach de 9cm. Mais il n’y a qu’un canon et qu’une mitrailleuse !! Chaque arme peut être changée d’emplacement, c’est-à-dire qu’il y a deux emplacements possible pour le canon et deux emplacements pour la mitrailleuse. Chaque emplacement est équipé pour recevoir soit la mitrailleuse, soit le canon. L’équipage doit donc sortir le canon de son affût et déplacé sur le deuxième affût. De même pour la mitrailleuse. Il existe donc deux « panoramas » sur chaque emplacement suivant l’arme qui est en service !!! D’autre part, les tireurs doivent être couchés pratiquement au sol sur l’affût du canon qui se trouve pratiquement au sol, ce qui n’est pas vraiment confortable.

A1880 Fort d’artillerie de Waldbrand

Il s’agit d’un grand ouvrage équipé sur deux niveaux, de 8 canon de 10,5 cm et de 8 canons de 15 cm

La construction de l’ouvrage a commencé en mars 1941. Le tunnel d’accès et quatre embrasures étaient terminés en juin 1942 et les premières pièces pouvaient faire feu. Dès août 1942, les munitions ont été stockées. Dès août 1947, des travaux d’excavation ont commencés pour la construction de couloirs, de la salle à manger et de dortoirs. Le système se compose en fait de deux ouvrages d’artillerie. L’entrée principale est située à quelques centaines de mètres de la route qui va à Beatenberg-Sigriswil. Le tunnel principal a la forme d’un arc et suit la courbe extérieure de la paroi rocheuse. De cette galerie des tunnels transversaux conduisent aux 8 canons de 10,5 cm 1935 L 42 avec affût à levier qui ont une portée de 22 km.
De la galerie principale, un escalier conduit à une autre partie du fort, situé environ 90 m plus haut, dans la paroi de rocher. Cette partie du fort (en fait un autre fort !) est armé de 8 canons de 15 cm (Cette galerie n’est pas documentée dans cet article).

Trois génératrices sont installées, ce qui fournit la puissance nécessaire pour tout l’ouvrage, y compris l’ouvrage supérieur de Legi. Dans l’ouvrage supérieur de Legi, une petite cuisine est installées afin que l’équipage ne soit pas contraint de descendre prendre ses repas dans l’ouvrage inférieur. Un réservoir d’eau de 500 000 litres d’eau potable assure l’alimentation des deux ouvrages.
L’ouvrage de Walbrand a été conçu pour y installer de l’artillerie mobile. C’est la raison pour laquelle un tunnel d’accès a été creusé avec un profil énormes ce qui permet aux canons mobiles de pénétrer à l’intérieur de celui-ci. Dès que cette galerie d’accès et les locaux de combat ont été terminés (juillet 1942) les canons mobiles ont été installés. Bien sûr, les travaux de construction ont continué et en février 1944, l’ouvrage était totalement terminé.

En Août 1947, une autre campagne de travaux a débuté dans la zone de commandement. Des dortoirs et des réfectoires pour 450 hommes ont été créés.

Plus tard, dans les années soixante, la salle des machines a reçu sa taille actuelle. En 1986-1987 une rénovation des installations de ventilation et de protection AC a été effectuée. Avec Armée 95, la fortification a été désarmée et mis hors service le 31/12/1998.
L’ouvrage a également servi durant la deuxième guerre mondiale à abriter une partie des réserves d’or et des devises de la Banque nationale.

Forteresse de Vardø

La forteresse norvégienne de Vardø, située sur la mer de Barents (au nord de Mourmansk) est la plus septentrionale du monde et de Norvège (Latitude : 70° 22′ 11 » Nord). Perdue au-delà du cercle polaire et isolée de tout, elle est située à 1485 km de distance d’Oslo! L’hiver y est très long et particulièrement rude car ici il fait nuit durant 6 mois, mais cette forteresse avait une grande importance pour la Norvège face à la Russie tsariste.
Le premier fort fut probablement construit en 1300 par le roi Haakon V. La forteresse actuelle a été construite de 1734 à 1738.
Depuis 1950, le fort est sans intérêt militaire, mais elle est toujours propriété de l’armée norvégienne qui tient à matérialiser sa présence dans le grand nord. Dans les divers bâtiments de la forteresse, on trouve un petit musée et devant la maison du commandant on peut voir le seul « arbre » de la ville, un sorbier. J’admire la persévérance des citoyens de Vardø qui prennent grand soin de leur arbre et l’enveloppent soigneusement chaque hiver pour le calfeutrer et le protéger du gel.
Le fort est étonnamment petit et ressemble presque à un fort-jouet ou à un modèle réduit. Les jolis bâtiments rouges, jaunes et blancs, avec leurs toits recouverts d’herbe, conférent à l’endroit une ambiance et un charme unique!
Au cours de la deuxième Guerre mondiale, c’est sur la Forteresse de Vardø que le drapeau norvégien a flotté le plus longtemps après l’invasion du pays par la Wehrmacht allemande. Lors de la libération de la Norvège en automne 1944, le pavillon norvégien a été hissé sur ce fort aussitôt que les Allemands se furent retirés du Finnmark, la province la plus nordique de la Norvège. Le fort n’a rien de spécialement spectaculaire ou de particulier, mais il vaut le détour si vous passez dans la région, ne serait-ce que pour ce charme suranné qui s’en dégage!

A61 – Alimentation en eau

L’ouvrage A61 est situé au-dessus du hameau de Litroz. Il ne peut pas être alimenté par le réseau d’eau communal.
Pour résoudre ce problème, l’armée a construit tout un système afin de récupérer l’eau de ruissellement sur la paroi de rocher qui surplombe le fort. Un mur en béton de 50 m de long barre la paroi de rocher pour récolter l’eau de pluie et de fonte et la ramener dans un réservoir primaire extérieur, en béton armé.

A l’intérieur du réservoir, l’eau arrive dans un premier bac de décantation qui bloque les matières grossières en suspension dans l’eau (feuilles, herbes, branches…). Un deuxième bac de décantation retient les boues plus fines. Puis, l’eau passe dans un bac filtrant et traverse une couche de sable spécial qui permet de purifier l’eau et de retenir les micro-impuretés. Un trop-plein laisse s’écouler l’eau qui gagne l’intérieur du fort par une conduite enterrée et protégée formant un siphon. Un dispositif protégé par une construction en béton permet de vidanger les conduites au point le plus bas.

A l’intérieur de l’ouvrage, les conduites sont apparentes.

Un grand réservoir intérieur, de 20 000 litres d’eau, a été creusé au cœur de la montagne, derrière le cantonnement de l’ouvrage. L’eau y est conservée dans l’obscurité et à une température constante d’environ 10° C. Une conduite permet à l’air de ventilation de gagner la surface du réservoir afin de renouveler cet air. Pour des raisons de sécurité, l’eau de ce réservoir ne peut pas être directement obtenue aux points d’eau. Dès que le réservoir est plein, l’eau s’écoule par un trop-plein dans un troisième réservoir d’environ 1200 litres, situé près des WC. Seul ce réservoir permet d’avoir de l’eau aux points d’eau. Ce dispositif garantissait une autonomie importante et excluait le gaspillage de l’eau.

Une deuxième conduite gagne le fort depuis le réservoir extérieur et est raccordé à la conduite principale dans le couloir du fort. En effet, en cas de pénurie d’eau, il est encore possible de récupérer,dans le bac à sable du réservoir extérieur, l’eau qui rempli les interstices séparant les grains de sable. Cela représente quelques milliers de litres précieux !

Diverses vannes permettent d’isoler complètement le réseau d’eau intérieur du réseau extérieur, en cas d’événement AC (atomique – chimique).

L’eau est distribuée au points suivants : locaux de combat, latrines, lavabo du couloir, logement.

Pour des raisons de sécurité encore, l’eau était traitée avec des pastilles de chloration. La totalité de l’installation hydraulique, construite en 1940, est toujours intacte et fonctionne parfaitement, preuve qu’elle a été bien construite et entretenue.

A61 – Index

Revolver suisse d’ordonnance M 1882

Les derniers revolvers d’ordonnance de l’armée suisse M. 1882 et 1882-1929

Des mécaniques robustes qui ont fait leurs preuves dans l’armée, la police, les douanes et le privé.

Le revolver 1872/1878 a été vendu à prix réduit à tous les officiers qui en ont fait la demande. Ces derniers sont loin d’être satisfaits, ils lui reprochent:

-poids trop considérable

-volume trop grand qui rend l’arme peu transportable

-recul trop violent, cause de déviation du projectile

-munition trop volumineuse et trop lourde

Pour remédier à ces inconvénients, la commission chargée de préaviser sur l’adoption d’un nouveau modèle a fait, depuis deux ans, des essais avec des revolvers de calibre réduit (9 mm), elle est convaincue qu’un revolver au calibre 7 mm pouvait remplir toutes les conditions de pénétration et de précision qu’on est en droit d’attendre d’une arme de guerre.

Le colonel Rodolf Schmidt

Divers modèles furent construits sur ces bases dont les plus parfaits ont été présentés par le lieutenant-colonel Rudolf Schmidt qui étudie cette question depuis nombre d’années. Rodolphe Schmidt est né à Bâle en 1832. Ses parents le destinaient à l’industrie de la soie, mais de bonne heure, il montra des aptitudes pour l’armurerie et la technique des armes à feu. Recrue d’infanterie en 1853, lieutenant en 1855, capitaine de chasseurs en 1860, il s’occupait avec passion, soit dans ses services militaires, soit au civil, des questions de tir. En 1870 il est major d’infanterie, en 1871 major à l’état-major général, en 1876, lieutenant-colonel et en 1881, colonel d’infanterie. En 1861, un travail de concours sur un nouvel armement de l’infanterie suisse avec un fusil de précision de petit calibre, le fit remarquer. Il obtint un premier prix et sa nomination comme contrôleur d’armes en 1864 et en 1867 contrôleur en chef. A cette époque, il fut placé à la tête de la commission chargée d’étudier l’introduction du chargement par la culasse. Trois ans plus tard, sur son initiative, en 1871, la Fabrique fédérale d’armes était créée provisoirement et définitivement en 1875. Il en fut le premier directeur et demeura en fonction 24 années, jusqu’en 1894. Pendant cette longue période, il a dirigé toutes les transformations auxquelles donnèrent lieu l’armement de l’infanterie. Il a publié de nombreux ouvrages dont la valeur technique est incontestable, par exemple:

-« Le développement des armes à feu, (Schaffhouse, 1869) »

-Les armes suisses à répétition, fusils, carabines, mousquetons (Baie, Genève, Lyon, 1873)

-Les nouvelles armes à feu portatives, avec atlas (Baie, Genève, Lyon, 1877)

-Les nouvelles armes à feu portatives (1889)

Il était un collaborateur à l’Allgemeine Militär Zeitung de Darmstadt (Allemagne). En 1880, il construit un revolver analogue au M. 1878, au calibre 9 mm, avec un perfectionnement Abadie (breveté en 1877), soit le blocage du chien; une porte de chargement complète ce modèle. Abaissée, l’action du chien est suspendue, il reste en position de semi-armé et la pression du doigt sur la détente fait tourner le barillet en amenant chaque chambre en face de la tige d’extraction. Cette arme est essayée par la commission fédérale mais cette dernière demande à tester un revolver avec un calibre encore plus petit. Sous la direction du colonel R. Schmidt ses ateliers construisent deux revolvers au calibre de 7,5 mm dont l’un avec l’extracteur automatique, système Krauser. Cet extracteur, mis en action par le chien, est placé du côté droit de l’axe du barillet. Après chaque départ du coup, la douille précédente est éjectée. Système ingénieux mais provoquant quelques inconvénients lorsque la douille adhère trop fortement dans la chambre, elle ne peut être extraite.

La deuxième arme est semblable au modèle 1880, mais au calibre 7,5mm. Après les essais, la commission doit choisir pour l’un de ces modèles, dans sa séance du 6 mars 1882 :

-Le revolver Schmidt M. 1880 au calibre de 9 mm.

-Le revolver Schmidt M. 1881 avec l’éjecteur système Krauser.

-Le revolver Schmidt M. 1881 au calibre 7,5 mm.

Le revolver modèle 1882

Après les essais officiels, les résultats sont favorables à ce dernier revolver. Ernest Krauser est contremaître armurier à la Fabrique fédérale d’armes de Berne (W + F) et avait présenté son éjecteur déjà en 1876 et R. Schmidt en avait dit le plus grand bien au Département militaire fédéral.

C’est le revolver Schmidt au calibre 7,5 mm qui est proposé par la commission sous la dénomination de « revolver modèle 1882 ». Le 5 mai 1882, le Conseil fédéral décide:

En modification partielle de sa décision du 27 décembre 1878 il accepte le modèle de revolver présenté par R. Schmidt, à six coups au calibre 7,5 mm comme arme d’ordonnance pour les officiers des troupes non montées.

Le Département militaire est autorisé à céder ce revolver aux officiers non montés aux conditions prévues par la décision du Conseil fédéral du 27 avril 1880 concernant les revolvers.

Le 25 novembre 1882, le Conseil fédéral approuve les détails de l’ordonnance et la Fabrique fédérale d’armes à Berne (Waffenfabrik Bern W + F) peut commencer à livrer ce revolver au début de l’année 1883. Dans les premières séries, lorsque le chien est armé et que l’on ouvre la portière de chargement, en pressant la détente, le chien s’abat et reste en position de demi-armé. La sollicitation de la came est trop forte et peu amener sa rupture. A partir de 1887, dès le n° 1501 de la série militaire et 540 de la série privée, la came a été modifiée ce qui empêche le chien de s’abattre. La manipulation de la détente nécessaire pour faire tourner le barillet pour l’expulsion des douilles ou au chargement, tous les risques de départ du coup sont écartés. L’ouverture de la portière de chargement par une came qui lui est ajoutée, empêche le chien de percuter la cartouche. Cette invention d’Abadie, breveté en 1877, avait été présentée par M. Décorin ou Déchorin de Saint-Etienne qui devait être un représentant d’Abadie. En cours de fabrication, le revolver subit plusieurs améliorations par son constructeur, le colonel Schmidt. La plus importante, c’est l’adjonction au rempart d’une plaque en acier trempé, posée en queue d’aronde, par la gauche de la carcasse et assurée par une vis du côté droit; cette plaque, en cas d’usure peut être changée. Cette modification a été exécutée dès le n° 4300 sur l’arme militaire et 3 600 sur les armes vendues aux privés. Cette plaquette, lors de réparations, a été ajoutée sur les armes du début de fabrication. Le texte de l’arrêté fédéral du 28 juin 1893 concernant cette amélioration: « La petite plaque en acier, destinée à être introduite sur le plat de la culasse du revolver afin d’éviter des dérangements dans la rotation du cylindre du revolver est déclaré d’ordonnance pour les nouvelles acquisitions de ces armes ».

L’étui-crosse

  1. Schmidt fait breveter dans différents pays un étui-crosse pour le revolver. Pour adapter cet étui-crosse au revolver, la carcasse en acier de l’étui se termine par un crochet à ressort qui pénètre dans une agrafe qui se trouve à l’extrémité de la carcasse. Cet étui ne pèse que 600 grammes et son achat était officiellement recommandé aux officiers. Il n’a guère été acheté, il a été peu utilisé et on ne le rencontre pratiquement jamais dans les collections privées suisses. Cependant le logement aménagé dans la calotte de la crosse, au-dessus de l’anneau de dragonne subsiste jusqu’au modèle 1929. Les plaquettes de crosse sont en caoutchouc durci noir jusqu’au n° 20 000 puis avec des planchettes en bois poli, canneté, jusqu’au n° 37 254 soit jusqu’à la fin de fabrication du M.1882 le 21 novembre 1932.

Les améliorations

Les revolvers de l’armée, jusqu’au numéro 1500 ont un canon dont l’octogone va jusqu’à la carcasse. Les canons suivants sont pourvus d’un épaulement cylindrique de deux à trois millimètres de long permettant un meilleur serrage avec un ajustage du canon plus aisé de la verticalité du guidon. Le renforcement de l’entrecroise au-dessus du barillet est une autre amélioration. Les revolvers jusqu’au N° 4 000 ont une entrecroise d’environ 3 mm d’épaisseur. Les armes entre 4 000 et 17 000 ont une entrecroise de 4 mm et la cote est au-dessus de 4 mm pour la série au-dessus de 17 000. Les raisons de ces renforcements étaient des ruptures survenant à l’avant de l’entrecroise. Les tolérances du calibre du canon sont comprises entre 7,45 mm et 7,60 mm.

La Fabrique fédérale d’armes avait conclu avec différents ateliers de l’industrie privée des contrats de fournitures de pièces détachées. Une instruction fédérale spéciale du 5 avril 1884 prescrit que ces pièces doivent être vérifiées par les contrôleurs de la Fabrique fédérale d’armes comme ses propres produits avant d’être emmagasinées. Les pièces acceptées et frappées du poinçon de réception étaient retirées du magasin par la Fabrique fédérale d’armes pour le montage des revolvers qui se faisaient exclusivement- dans ses ateliers, ainsi que le contrôle final et les essais de tir. En 1886, 18 entreprises privées suisses participaient à la fabrication de pièces et leurs livraisons représentaient le 67 % du coût total des revolvers.

La fabrique SlG (Société Industrielle Neuhausen) a fabriqué des revolvers M.1882 pour les privés et les polices. Ces armes portent les marquages suivants « FAB. D’ARMES NEUHAUSEN » ou « WAFFENFABRIK NEUHAUSEN »; elles sont poinçonnées du « P » (privé). Elles ont armé, entre autre la police municipale de Neuchâtel, la police cantonale du canton de Vaud, les gardiens du pénitencier bernois, etc. Elles sont marquées: sur l’entrecroise  »

«  Ville de Neuchâtel, police locale »

ou, sur la console à gauche « VAUD » ou « BERN » et le poinçon ours dans un rond.

La Belgique a fabriqué ce revolver, sa construction est la même, mais avec de petites différences, par exemple: les chambres du cylindre sont pourvues de fraisures pour le culot des douilles. Les poinçons qu’il porte indiquent sa fabrication belge, mais la poignée à des plaquettes suisses. En 1885, l’armée suédoise est à la recherche d’un revolver; elle soumit, entre autre, le revolver suisse M.82 à des essais. Se fondant sur les résultats obtenus, la commission suédoise classa le revolver M.82 au premier rang pour son poids et sa puissance balistique; mais la commission était d’avis que la construction ne répondait pas aussi bien aux exigences posées en Suède. Les objections portaient sur la porte de chargement qui pouvait s’ouvrir lorsqu’on mettait l’arme dans son étui, sur le ressort de percussion jugé trop faible, on craignait que l’axe du cylindre et la baguette d’extraction ne se déforment trop facilement. La commission s’arrêta à un compromis: elle combina les avantages de l’arme suisse, soit le faible poids et les qualités balistiques à ceux du revolver Nagant de fabrication belge en tête pour la simplicité et la robustesse de son mécanisme. Le prix du revolver M.82 était de 43 francs en 1883; la vente se faisait à partir de cinq pièces, le nombre de pièces de cette arme était de 43.

Poinçons et marques

Suivant les conventions et prescriptions régissant la fabrication et la fourniture des pièces du revolver, les poinçons sont appliqués à une place qui se trouvera cachée lorsque l’arme sera montée. Chaque pièce est soumise au contrôle et poinçonnage réglementaire par le contrôleur d’armes et sont munies du poinçon qui constate l’acceptation et qui s’applique sur la place désignée, ou du poinçon qui signale le rebut et qui s’applique sur la pièce défectueuse. Ces poinçons portent la première lettre du nom du contrôleur d’armes et sont pourvus de la croix fédérale. Le poinçon pour la réception des armes finies a une forme légèrement différente. Pendant de nombreuses années, cette arme à fait ses preuves dans l’armée et dans le privé.

Revolver d’ordonnance suisse modèle 1929

Aujourd’hui, on peut se demander pourquoi 18 000 revolvers M. 29 ont été construits. Plusieurs raisons parlaient en faveur de ce revolver: un prix avantageux, facile à démonter, d’un entretien aisé, un maniement simple et sûr. Le modèle 1929 a une construction mécanique simplifiée, particulièrement robuste, un abaissement du prix de revient tout en conservant sa puissance et sa fiabilité. Par lettre du Département militaire fédéral du 30 janvier 1928 signée par le conseiller Scheurer, la fabrication du nouveau revolver est décidée en tenant compte des modifications et simplifications apportées en 1928 au modèle 1882. En 1926 déjà, le Département militaire fédéral se penche sur le prix de revient des armes de poing construites à l’étranger et à celles fabriquées en Suisse. Le pistolet Parabellum revient à 225 francs suisses et le revolver 1882 à 120 francs. Des économies peuvent être faites sans que ses qualités soient diminuées. L’armée dispose d’une arme de poing précise, robuste, dont le prix de revient, pour une construction simplifiée, est de 90 francs. L’Intendance du matériel de guerre (I. M. G.) est autorisée à faire fabriquer le revolver 1882 selon le nouveau modèle simplifié et à fixer, à l’avenir, le prix d’achat par arme. Les modifications sont au nombre d’une quinzaine :

-le nouveau canon est rond, bien moins cher que le canon octogonal

-la suppression du logement pour l’étui crosse au-dessus de l’anneau de dragonne

-la poignée est plus pentue et plus étoffée

-fixation de la plaque de recouvrement par deux vis au lieu d’une

-renforcement de l’entrecroise au-dessus du barillet

-percuteur mobile

-la position en arc de cercle de l’avant du guidon.

La fabrication s’étend du début de février 1933 à la fin de juin 1946. La numérotation commence à 50 011 pour s’arrêter à 68 229. La fabrication est assurée par la Fabrique fédérale d’armes à Berne (Waffenfabrik Bern) et les armes sont frappées du poinçon « W+F ».

Les revolvers M.29 pour des usages non militaires sont numérotés de 25 001 à 27 000, numérotation précédée de la lettre « P ». Ces armes ont été utilisées notamment par les gardes frontières (douaniers). Dans l’armée, le revolver M.29 a été porté dans le même étui que le modèle M.82; sur la face arrière on trouve toujours le nom du sellier dans un ovale et l’année de fabrication dans son centre. Les gardes frontières étaient dotés d’un étui spécial.

Revolver d’ordonnance suisse modèle 1882

Caractéristiques techniques

-Désignation de l’arme: revolver d’ordonnance suisse

-Modèle: 1882

-Constructeur: Rodolphe Schmidt, contrôleur fédéral d’armes Berne

-Fabricant Fabrique fédérale d’armes, Berne (W + F) Waffenfabrik Bern; SIG pour des armes privées

-Système :à simple et double action, percussion centrale

-Années de fabrication: septembre 1883 au 21 novembre 1932

-Nombre d’armes fabriquées: militaires, 37254, privées de la W + F 5903 (numérotation avec la lettre « P »); SIG privés et police, plus de 2000 suivi de la lettre P

-Longueur totale: 235 mm

-Hauteur hors toute: 140 mm

-Épaisseur maximum: 37 mm

-Longueur du canon: 115 mm

-Poids: arme non chargée, 750 g.

-Forme du canon: jusqu’au numéro 1500, octogonal jusqu’à la carcasse, puis avec un épaulement de deux à trois millimètres, canon vissé dans la carcasse

-Calibre: 7,5 mm, tolérance 7,45 à 7,60 mm. Rebut 7,65 mm

-Nombre de rayures: quatre, tournantes à droite, large de 3 mm, profonde de 0,2 mm

-Pas des rayures: un tour sur 430 mm

-Carcasse: en acier, à cadre fermé

-Ligne de mire: longue de 144 mm

-Mire: encoche de mire en U sur la carcasse

-Guidon: sur bloc brasé sur le canon, de forme ronde, haut de 7 mm

-Alimentation: barillet en acier, à six chambres, diamètre du cylindre allégé par six fraisures 37,5 mm, long de 36 mm

-Cartouche: modèle 1886, à percussion centrale, douille laiton à bourrelet, balle en plomb chemisée, longueur totale 35 mm, poids 11,5g

-Sous-garde: de forme ovale, faisant bloc avec la plaque de recouvrement

-Détente: fortement galbée et arrondie

-Chien: à percuteur fixe, crête striée

-Sûreté: suspension de l’action du chien d’après le système Abadie; avec la porte de charge ouverte, on ne peut abattre le chien. Sans la porte de charge ouverte, on ne peut ni charger, ni extraire les douilles

-Portière de chargement: à droite, s’ouvrant d’avant en arrière (de haut en bas dans l’axe de l’arme). La portière est munie d’un ressort et le haut est quadrillé

-Plaque de recouvrement du mécanisme: sur la face gauche, sur charnière à l’avant, fixée par une vis à l’arrière

-Poignée: monture faisant partie de la carcasse, plaquettes de crosse en caoutchouc durci noir jusqu’au N° 20 000, celle de gauche finement quadrillée avec la croix fédérale, celle de droite sans croix mais avec une rosace et une vis métallique à tête goutte de suif, puis dès le N° 20 000 des plaquettes en bois poli, cannelées jusqu’au N° 37 254, soit jusqu’à la fin de la fabrication du M. 82, le 21 novembre 1932

-Extraction  à droite, baguette d’extraction avec cliquet et ressort; l’ailette qui coiffe le bout de l’axe est striée sur le pourtour, puis par la suite, lignée

-Nombre de pièces: 43

-Protection extérieure:  bronzé noir de guerre, à l’exception de la détente, de la portière de chargement, du chien, de l’axe du barillet et de la baguette d’extraction qui sont jaune paille

-Numérotation de l’arme: plaquette en caoutchouc durci noir 2946; plaquettes en bois 30282. On trouve les numérotations en entier sur le cylindre, sur la face gauche en haut de la console, sur le champ vertical gauche du canon. Les trois derniers chiffres sont répétés sur les autres pièces

-Démontage: le démontage est facilité par la numérotation de 1 à 12 de certaines pièces

-Poinçons:  sur la console, face gauche, le poinçon de la Waffenfabrik, « W + F »

Revolver d’ordonnance suisse modèle 1882/1929

Caractéristiques techniques

-Désignation de l’arme:  revolver d’ordonnance 1882/1929

-Modèle:  1882/1929

-Constructeur:  Fabrique fédérale d’armes, Berne (W + F)

-Fabricant:  Fabrique fédérale d’armes, Berne (W + F)

-Système:  à simple et double action

-Nombre d’armes fabriquées: d’ordonnance, 18218, privées, 2000

-Années de fabrication:  février 1933 à fin juin 1946

-Longueur totale: 228 mm

-Hauteur hors tout:  150 mm

-Épaisseur maximum:  37 mm

-Poids:  arme non chargée, 740 g

-Longueur du canon:  116 mm, vissé dans la carcasse

-Forme:  ronde

-Nombre de rayures:  4 rayures tournantes à droite

-Pas:  un tour sur 430 mm, largeur 3 mm, profondeur 0,2 mm

-Carcasse:  fermée en acier, entrecroise renforcée; sans plaque de percussion

-Sous-garde:  ovale

-Détente:  noire, incurvée, un peu plus ouverte dans la partie où l’on met le doigt

-Gâchette:  fixée par une cheville fixe

-Percuteur: pointe de percussion mobile, montée sur un axe

-Plaque de recouvrement: sur le côté gauche, sans charnière avec une courte tige fixe attachée par une vis à la plaque de recouvrement

-Poignée:  plus pentue, plaques de recouvrement en matière synthétique rouge brique ou noire, sans croix fédérale

-Ligne de mire: longue de 149 mm

-Cran de mire:  en U sur le haut de la carcasse

-Guidon:  monté à queue d’aronde, non rivé, forme légèrement conique sur bloc brasé sur le canon

-Alimentation:  cylindre à six chambres, il porte les trois derniers chiffres de la numérotation

-Porte de chargement: noire, allégée, le ressort est renforcé et n’a pas de vis

-Baguette d’éjection:  noire, sans axe, sans vis avec ressort, tête de baguette striée

-Protection extérieure:  bronzé noir mat de guerre

-Numérotation:  50011 à 68229 pour les armes d’ordonnance, les revolvers privés N° entre 25001 et 27000

-Marquage:  Écusson avec croix fédérale sur la face gauche de la carcasse près de la poignée, en haut de la console, en bas le poinçon du contrôleur d’armes M, dans un rond W + F

-Sûreté:  pendant les interruptions de tir et avant de mettre l’arme dans son étui, il faut ouvrir la porte de charge. Pour désassurer, fermer la porte de charge avec le pouce de la main gauche sans toucher la détente

-Dérangements: il faut avoir soin d’introduire les cartouches graissées tout au fond des chambres à cartouches. Une cartouche mal introduite gêne ou empêche la rotation du barillet. Des ratés peuvent se produire quand le ressort de percussion est lâche ou brisé, ou la pointe du percuteur est brisé, un corps étranger s’est introduit entre le chien et la carcasse; la cartouche trop vieille et défectueuse.

Pellaton F., 1991