Archives de l’auteur : Moret Jean-Charles

À propos Moret Jean-Charles

Fondateur de l'Association Pro Forteresse Co-fondateur de l'Association Fort Litroz

A15 – Fortin d’infanterie et logement du Bec de l’Aigle

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: Mont Rogneux

Altitude: 2800 m

Type: hors sol

Construction en béton (local de combat) et pierres sèches (logement).

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 10 hommes

Mission: défendre l’approche du Col de Mille pour interdire tout débordement par la crête visant à contourner le dispositif par le Val de Bagnes

Armement: non permanent, installé sur place par la troupe occupant le secteur: 1 mitrailleuse Mg 11 et un fusil mitrailleur Fm 25, remplacés ensuite par 1 mitrailleuse Mg 51 et des fusils d’assaut Fass 57

Embrasures: 2 embrasures de tir (local de combat) + 1 fenêtre (logement).

Défense-

Infrastructures: logement (10 châlits) + local de combat

Camouflage: revêtement de pierres sèches plaqué contre la face de l’ouvrage. Masse couvrante constituée de blocs dissimulant la toiture

Particularité: l’un des plus hauts ouvrages du dispositif. Caractère alpin très affirmé. Ouvrage très aérien surplombant vertigineusement les précipices. Toit à un pan intégré à la pente pour résister aux avalanches

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement

FORT DRUM : le croiseur de bataille en béton -Philippines

La forteresse maritime de Fort Drum (Philippines) est sans doute l’une des plus extraordinaires du monde. Son intérêt principal tient à sa forme atypique en étrave de navire. Le fort affecte en effet la forme d’un véritable « croiseur en béton », totalement  insubmersible et impossible à couler !

Cette étonnante construction – unique au monde ! – se dresse au beau milieu de la baie de Manille et a été édifiée par les Américains dans l’entre deux-guerres. Elle participe d’une série de 4 forts établis sur 4 ilots dans la baie pour renforcer les défenses de la capitale des Philippines : Fort Mills sur Corregidor et Fort Hugues sur l’îlot de Caballo au nord ; Fort Drum sur l’îlot d’El Fraile et Fort Frank sur l’îlot de Carabao au sud.

Pour édifier Fort Drum au milieu des flots, les Américains n’ont pas hésité à araser le petit îlot d’El Fraile jusqu’au niveau des vagues.  La forteresse mesure 104 m de long  par 44 m de large, avec des flancs profilés « en coque de navire ». Les murs de cette carapace – en béton armé – ont entre 8 et 11 m d’épaisseur et atteignent 12 m de hauteur. De quoi résister à n’importe quel projectile et dissuader toute tentative d’abordage ou d’escalade !

L’armement principal comprend deux tourelles cuirassées de marine, légèrement décalées en hauteur et disposées l’une derrière l’autre, comme sur les navires de guerre. Ces tourelles étaient destinées à combattre la menace représentée par la puissante flotte japonaise. Chacune comporte 2 tubes de 355 mm M1109 tirant des obus de 72 kg à 716 mètres secondes au moyen de charges pesant 200 kg. Celle située à la « proue » porte le nom de « Batterie William L. Marshall », l’autre étant la « Batterie John M. Wilson ».

L’ armement secondaire comprend 4 tourelles disposées par deux sur les flancs du « croiseur » et superposées l’une sur l’autre. Ces tourelles sont armées de 4 canons de 152 mm modèle 1908. La défense antiaérienne était assurée par trois canons de 76,2 mm disposés sur le « pont » et par des mitrailleuses.

Derrière la seconde tourelle principale, les Américains avaient installés un « baraquement » à l’arrière duquel se dressait un pylône en acier, comme sur les croiseurs de bataille de l’époque. Cette « tour » tubulaire portait une dunette de commandement, un télémètre de visée, une antenne radio, des projecteurs pour éclairer la baie de nuit et une grue. Ce pylône n’existe plus aujourd’hui : il  a été supprimé par la suite étant donné sa vulnérabilité et pour ne pas servir de point de repère à l’artillerie de la flotte japonaise. Le tout était complété par une plate-forme d’accostage en béton sur le flanc sud, pour permettre les changements d’équipage et le ravitaillement du fort.

L’intérieur du « croiseur de bataille » comporte trois niveaux protégés par la ceinture de béton. La centrale électrique et les groupes électrogènes sont situés au sous-sol. Le niveau intermédiaire abritait les soutes à munitions et les réserves de gargousses tandis que l’étage supérieur était réservé à l’équipage du fort (320 hommes). Cet étage comportait toutes les facilités d’usage : chambrées, mess, mess des officiers, cuisine, réfectoire, sanitaires, infirmerie, etc.

En1941, Fort Drum était déjà jugé obsolète, mais les défenses de Manille étaient encore si puissantes qu’elles posèrent de graves problèmes à la flotte nippone de débarquement qui eut bien du mal à assiéger et à s’emparer de la forteresse de Corrégidor. Mais ceci est une autre histoire…

 

A14 – Fortin d’infanterie avec logement Erra supérieur

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: alpage d’Erra d’en Haut

Altitude: 2315 m

Type: enterré

Construction: béton armé

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 12 hommes

Mission: interdire toute infiltration par les hauteurs visant à déborder le dispositif par le Col de Mille et le Val de Bagnes

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe: 2 fusil-mitrailleur 25

Embrasures: 3 embrasures de tir divergentes (local de combat) + 1 fenêtre (logement).

Défense: masse de terre couvrante

Infrastructures: logement souterrain (12 lits) séparé du local de combat

Camouflage: masse couvrante de pierres et de terre sur la dalle de couverture

Particularité: logement enterré (12 lits), disposé à l’arrière du local de combat

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

Feste Obergentringen Guentrange-Thionville

 

HISTOIRE DU GROUPE FORTIFIE DE GUENTRANGE

Le Groupe fortifié de Guentrange -die Feste Ober-Gentringen-, situé à 4 km au nord-ouest de Thionville, occupe le sommet d’une puissante colline, allongée sud-ouest – nord-est en premier contrefort des côtes de Moselle, qui domine de ses 318 mètres la large vallée de la Moselle thionvilloise.

Les Allemands entreprirent sa construction au mois d’avril 1899 et l’ouvrage fut réputé opérationnel fin 1905. Après l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine

En 1871, les Allemands entendaient consolider leur nouvelle conquête face à la France. Le Fort de Guentrange faisait ainsi partie du programme de fortification de la Moselle entre Metz et la frontière luxembourgeoise ( Moselstellung 1871-1914 ). Prolongeant l’énorme dispositif fortifié de Metz, appuyé par les ouvrages d’Illange et de Keonigsmacker, il avait pour mission de protéger Thionville et son important nœud ferroviaire contre toute attaque française. Cette mission s’intégrait au plan Schlieffen-Moltke qui prévoyait en cas de guerre franco-allemande que les 5/7èmes des armées allemandes envahiraient la France en passant par la Belgique et le Luxembourg et que toute offensive de la puissante aile droite de l’armée française devait être au même moment vouée à l’échec, en se heurtant aux groupes fortifiés de Metz et de Thionville.

Bien qu’ayant joué un rôle stratégique de premier ordre, le Fort ne subit pas d’attaque lors du premier conflit mondial. Devenu français après l’Armistice de 1918, il fut intégré dans les années 1930 à la Ligne Maginot. En 1940, les Allemands récupérèrent le Fort et s’en servirent comme dépôt et atelier sans y entretenir de garnison. L’armée américaine s’en empara en 1944 et détruisit les pièces d’artillerie. Après la guerre, le 25ème Régiment d’Artillerie, stationné à Thionville, utilisera le Fort comme dépôt de munitions.

Depuis 1971, l’ouvrage n’a plus de vocation militaire. Grâce aux efforts de la Ville de Thionville et de l’Amicale du Groupe Fortifié de Guentrange, il est devenu une étape remarquable du tourisme militaire en Lorraine.

LE PRINCIPE DU GROUPE FORTIFIE ALLEMAND : LA FESTE

L’organisation des Festen diffère complètement des schémas utilisés jusque-là tant en France qu’en Allemagne. Rejetant le plan géométrique du fort compact de 1874, enfermé dans son fossé polygonal tel que le concevait le système Séré de Rivière, la Feste est une sorte de nébuleuse composée de batteries cuirassées à tourelles, de casernes bétonnées, d’abris largement éparpillés sur le terrain reliés par des galeries souterraines ; l’ensemble enveloppé dans un réseau de barbelés et de fossés. Ce dispositif s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares, peu visible à l’observateur terrestre car bien adapté au terrain. La Feste dispose d’une garnison nombreuse ( 2000 hommes ou plus ), d’une artillerie cuirassée pouvant compter jusqu’à douze pièces et peut soutenir un siège de trois mois.

HISTORIQUE ET DESCRIPTIF DE LA CONSTRUCTION

Le schéma initial du Fort ( 1899-1905 ) comprend trois casernes : une caserne centrale -la plus importante- et deux casernes secondaires nord et sud. Entre ces bâtiments et en hauteur se trouvent deux batteries cuirassées équipées chacune de quatre tourelles tournantes ( système Schuman ) non éclipsables armées d’un canon court de 105 mm ( 10 cm TK ) d’une portée de 9700 m. Chaque batterie possède, en outre, des observatoires d’artillerie puissamment protégés. Les casernes, en partie enterrées dans la colline, sont bétonnées ( 3 m de dalle et 3 à 4 m d’épaisseur pour les murs de fond exposés aux coups ). Seules les façades arrières -de  » gorge  » c’est-à-dire tournées vers Thionville- sont à l’origine en maçonnerie de 1 m 50 d’épaisseur et percées de portes et de fenêtres. Cette disposition permettait, notamment, une irréversibilité de la fortification en donnant la possibilité à l’artillerie allemande d’enfoncer facilement ces façades et de rendre impossible l’occupation en cas de prise par l’ennemi. Les casernes et batteries sont entourées de parapets d’infanterie, d’abris de combat -abri de piquet- avec observatoires légers d’infanterie et d’un réseau de barbelés de 30 m d’épaisseur surveillé par des guérites-observatoires. Des galeries souterraines profondes relient tous les points du Fort et sont solidement organisées pour la défense intérieure avec grilles, portes blindées et dispositifs de mines. Des grilles défensives assurent la protection rapprochée arrière des casernes et des batteries, tandis qu’à l’arrière du Fort un blockhaus isolé surveille la trouée dotée de porte-grilles par laquelle la route d’accès traverse le réseau de barbelés.

A partir de 1912, les Allemands entreprirent une nouvelle série de travaux d’extension et de renforcement, en raison de la tension politique et des progrès réalisés par l’artillerie. Une seconde enceinte barbelée est construite. Elle est flanquée de six puissants coffres de contrescarpe pour mitrailleuses dotés d’observatoires cuirassés d’infanterie et de projecteurs électriques. Dans la partie Nord du Fort, est réalisée une nouvelle ligne de tranchées d’infanterie en béton armé avec trois abris de piquet supplémentaires. Toutes ces nouvelles structures sont également reliées aux casernes par des galeries souterraines. Les façades arrières des casernes et des batteries sont doublées d’un matelas de béton armé et les fenêtres sont remplacées par des créneaux blindés de fusillade. Egalement à cette époque, les Allemands organisèrent solidement les intervalles entre les forts de la région en  » fortification de campagne renforcée  » avec de nombreux abris, blockhaus et positions de batteries. A ces travaux qui se poursuivent jusqu’en 1916, s’ajouta l’installation du chauffage central dans le Fort.

Dans les années 1930, l’armée française intégra le Fort à la Ligne Maginot ( Secteur Fortifié de Thionville, un des plus puissants du système ) en tant que soutien logistique de seconde ligne. Pour remplir cette nouvelle mission, les canons courts de 105 mm furent remplacés par des pièces longues de même calibre, prélevées dans les forts de Metz. La portée de l’artillerie passa ainsi de 9700 m à 12700 m.

 

 

A13 – Fortin d’infanterie La Vardette Nord-Ouest

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: La Vardette

Altitude: 2440 m

Type: semi-enterré

Construction: maçonnerie de pierres et béton

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 2 hommes

Mission: interdire toute infiltration par les hauteurs visant à déborder le dispositif par le Col de Mille et le Val de Bagnes

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe: 1 fusil-mitrailleur Fm 25, remplacé par un fusil d’assaut Fass 57

Embrasures: 2 embrasures de tir

Défense-

Infrastructures-

Camouflage: masse couvrante de pierres et de terre

Particularité: fortin hémisphérique construit sur un plan circulaire standardisé.embrasure inclinée pour permettre le tir plongeant dans la pente

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

A12 – Fortin d’infanterie La Vardette Ouest

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: La Vardette

Altitude: 2400 m

Type: semi-enterré

Construction: maçonnerie de pierres et béton

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 2 hommes

Mission: interdire toute infiltration par les hauteurs visant à déborder le dispositif par le Col de Mille et le Val de Bagnes

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe.1 fusil-mitrailleur Fm 25, remplacé par un fusil d’assaut Fass 57

Embrasures: 1 embrasure de tir

Défense-

Infrastructures-

Camouflage: masse couvrante de pierres et de terre

Particularité: fortin hémisphérique construit sur un plan circulaire standardisé.Embrasure inclinée pour permettre le tir plongeant dans la pente

État

actuel: vidé et désarmé après déclassement.

 

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A11 Fortin d’infanterie La Vardette Sud-Ouest

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: La Vardette

Altitude: 2440 m

Type: semi-enterré

Construction: maçonnerie de pierres et béton

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 2 hommes

Mission: barrer le col de la Vardette pour interdire tout débordement par les hauteurs visant à contourner le dispositif par le Col de Mille et le Val de Bagnes

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe.1 fusil-mitrailleur mod 25, puis 1 fusil d’assaut 57

Embrasures: 1 embrasure de tir pour tir en dépression

Défense-

Infrastructures-

Camouflage: masse couvrante de terre et de pierres sur la dalle de couverture

Particularité-

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

A10 – La Vardette Sud

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: La Vardette

Altitude: 2400 m

Type: semi-enterré

Construction: maçonnerie de pierres et béton

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 2 hommes

Mission: barrer le col de la Vardette pour interdire tout débordement par les hauteurs visant à contourner le dispositif par le Col de Mille et le Val de Bagnes

Armement:

non: permanent, acheminé et installé sur place par la troupe.1 mitrailleuse Mg 11, remplacée par 1 mitrailleuse Mg 51.

Embrasures: 1 embrasure de tir

Défense-

Infrastructures-

Camouflage: masse couvrante de terre et de pierres sur la dalle de couverture

Particularité: seul ouvrage du secteur de La Vardette à ne pas être circulaire

État actuel: vidé et désarmé après déclassement.

 

FORT DE LA FALOUSE – VERDUN

Situation

L’ouvrage de la Falouse est construit entre 1906 et 1908. Il se définit comme un petit ouvrage intermédiaire d’artillerie « moderne », entièrement en béton armé. Il est situé à cinq kilomètres au sud-sud-est de la ville de Verdun, au lieu-dit « le plat d’Houillon » entre Belleray et Dugny-sur-Meuse. L’ouvrage, sur une colline à 230 mètres d’altitude, domine la vallée de la Meuse. Il fait partie de la ligne principale de résistance s’étirant de la rive gauche du front de la Meuse au champ de tir de Regret, 3e secteur, dont le poste de commandement se trouve à la caserne de Jardin-Fontaine à Thierville-sur-Meuse. Son rôle est d’assurer la surveillance des moyens de communication venant de Toul et de compléter la défense des intervalles entre les forts de Dugny et d’Haudainville. La Falouse est le seul ouvrage avec le fort de Vacherauville (1910), édifié intégralement en béton.

Présentation

Construit totalement en béton armé, de 1906 à 1908, il est armé d’une tourelle à éclipse de deux canons de 75 millimètres et d’une tourelle à éclipse pour deux mitrailleuses Hotchkiss de 8 millimètres modèle 1900, ainsi que de trois observatoires cuirassés et d’une guérite blindée.

Cet ouvrage est prévu pour un effectif théorique de quatre-vingt hommes. Cependant, il peut accueillir, dans son casernement bétonné cent vingt-sept hommes (soixante-sept places couchées et soixante places assises). L’effectif à la mobilisation en 1914 est d’un officier (capitaine Poirier en 1916) et de trente-cinq soldats du 165e régiment d’infanterie. Des troupes cantonnent également aux abords de l’ouvrage.

Il est a supposer que l’ouvrage à subi un désarmement progressif, en vertu du décret du 5 août 1915 stipulant le démantèlement en garnison et en armement des forts de la région fortifiée de Verdun, pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions sur le front. Pendant la bataille de Verdun (du 21 février au 19 décembre 1916), l’ouvrage n’est pas bombardé, il sert de base arrière pour les troupes (montant au front et en revenant) et de point d’appui du secteur. Les Poilus restent au cantonnement quinze jours avant de remonter au front.

En 1916, le commandant Raynal, le défenseur du fort de Vaux vient visiter l’ouvrage de la Falouse.

En mars 1916, les issues et les entrées de l’ouvrage se voient équipées de chicanes en maçonnerie ou en sacs de terre, armées de mitrailleuses et de goulottes lance- grenades. Un réseau de galeries issu « des travaux 17 » d’une longueur de 590 mètres est creusé sous l’ouvrage. En 1917, l’ouvrage est électrifié pour l’éclairage et la ventilation des locaux grâce à la mise en place d’un groupe électrogène.

L’ouvrage a été ferraillé par les Allemands de l’organisation Todt. Ceux-ci ont récupéré les volets blindés de la façade de gorge de l’ouvrage. N’ayant pas eu à subir les bombardements de la bataille de Verdun, et dorénavant aux bons soins d’une équipe de passionnés, l’ouvrage est dans parfait état de conservation.

L’ensemble général de l’ouvrage affecte la forme d’un hexagone irrégulier.

L’accès

L’accès à l’ouvrage est flanqué de deux imposants monolithes bétonnés servant de poste de garde. Ceux-ci sont composés d’une pièce en chicane comprenant une embrasure de tir pointant sur le chemin d’accès à l’ouvrage. Sur leur dessus on trouve deux parapets d’infanterie bétonnés.

Dans l’ouvrage

Bien que la superficie du site fasse quatre hectares, l’ouvrage en lui-même est assez réduit, environ 2.000 m2. Son entrée au centre de la façade de gorge (0) donne sur un accès en double chicane avec à droite et à gauche, un long couloir de circulation coudé à chaque extrémité.
En face, se trouve l’accès au sous-sol (12) et à deux escaliers menant à un débouché d’infanterie sur les dessus de l’ouvrage. Après avoir descendu quelques marches, empruntons le couloir de droite jusqu’aux puits de l’observatoire de commandement (22) et, celui singulièrement profond, de la tourelle de mitrailleuses (23). Celle-ci possède un splendide panorama de tir peint sous ses voussoirs. Avant d’y arriver, le couloir dessert une grande chambrée, transformée en salle pédagogique (13), le bureau et la chambre du commandant de l’ouvrage (14), le magasin aux vivres (17), la cuisine (16), des magasins, comme la lampisterie et le magasin à pétrole (15, 18 et 19), les latrines pour la troupe (20) et pour les officiers (21) et les niches à munitions pour les mitrailleuses (23).

 

 

 

Sur la gauche, le couloir permet d’accéder aux superstructures de la tourelle cuirassée à éclipse pour deux canons de 75 millimètres (10) et à un observatoire de commandement détaché de l’ouvrage (32), accessible par un petit couloir large de soixante centimètres et long de quinze mètres. Ce couloir de gauche dessert la seconde chambrée de trente hommes (1), une chambre pour huit sous-officiers (2), des locaux (3 et 4), le puits d’accès à l’observatoire cuirassé de la tourelle de 75 mm (8) et les magasins de la tourelle de 75 millimètres (9).

 

    Les dessous

Les dessous ne sont pas ouverts au public. Un escalier donne accès aux pièces du sous-sol. Dans l’une, on trouve des citernes à eau rivetées mises en place lors de la construction et, dans l’autre, on peut voir un curieux dispositif alimentant en air chaud les gaines de ventilation desservant les chambres. Comme dans tous les ouvrages de la place de Verdun, le programme que l’on connait sous le nom de « travaux 17 », fut appliqué à la Falouse

      Les dessus

Ses fossés adoptent un profil triangulaire sans contrescarpe, ni escarpe. Avec le profil triangulaire, on ne se préoccupe pas du flanquement puisqu’il n’y a plus d’angle mort. Mais en simplifiant ainsi l’obstacle, on enlève à l’ouvrage une bonne partie de sa valeur. Ce profil est adopté principalement pour les ouvrages secondaires ne comportant pas d’artillerie.

Sur le dessus de l’ouvrage, se trouve un débouché pour l’infanterie en béton et un parapet d’infanterie en terre (cf la deuxième et la dernière photographies de cet article).

Sur sa gauche, on accède à la tourelle à éclipse de 75 millimètres type 75R 05 (tourelle portant le numéro 18), en position haute, et à son observatoire cuirassé (observatoire portant le numéro 63), mis en place en 1905. La tourelle de 75 millimètres de l’ouvrage est livrée après bien des péripéties en décembre 1906. Le 26, le camion de transport tombe dans le fossé près de l’église de Belleray et trois journées sont nécessaires pour la dégager. Fin janvier 1907, les pièces sont prêtes à être assemblées.

La tourelle de 75R 05 est une tourelle à éclipse conçue en 1901 et adoptée par l’ état-major en 1905. Son rôle est de défendre les abords d’un ouvrage ainsi que battre ses intervalles. Pour cela, elle est armée de deux canons de 75 millimètres qui sont raccourcis de soixante centimètres. La portée de tir est de 4.900 mètres à une cadence de tir de onze coups à la minute par pièce. Les pièces sont protégées sous une coupole d’acier de trente centimètres d’épaisseur.

La tourelle de 75 millimètres de l’ouvrage fonctionne, autant la rotation que manœuvre permettant d’éclipser la tourelle. Le niveau inférieur est en cours de restauration, toutes les parties métalliques : les poutrelles, l’aspirateur-ventilateur, le bras de balancier, le contrepoids et le tube de rechange ont été nettoyées, grattées et peintes en blanc cassé (février 2013). La restauration du niveau intermédiaire, l’étage de commandement,sera également entreprise et une deuxième armoire à obus réalisée.

 

A proximité de la tourelle de 75 millimètres, face à la Meuse, se trouve un observatoire cuirassé de commandement (numéro 64). Il est accessible depuis l’intérieur de l’ouvrage par un étroit couloir bétonné.

Une première parenthèse : les observatoires cuirassés et la tourelle de mitrailleuses Hotchkiss modèle 1899

Les observatoires cuirassés sont les yeux du fort. Ils sont inventés en 1894 pour mettre à l’abri des obus ou des balles les soldats qui observent les lignes ennemies pour diriger les tirs des tourelles. (Seule la tourelle de mitrailleuses n’a pas besoin d’observatoire pour diriger ses tirs). Ces observatoires sont placés au sommet des ouvrages ou sur les parapets de manière à ce qu’il aient la meilleure vue.

L’observatoire cuirassé se compose d’une cloche en acier de 7,5 tonnes de 25 centimètres d’épaisseur et de 2 mètres de haut. Elle possède trois créneaux permettant à  un observateur d’avoir un angle de tir de 240° maximum. Cette dernière est ancrée au ¾ dans une colonne de béton de 1,50 mètres d’épaisseur. L’accès à l’observatoire ou à la cloche s’effectue dans la majorité des cas depuis l’intérieur du fort grâce à une échelle verticale. En haut de cette échelle, on y trouve le plancher de l’observatoire qui est réglable en hauteur, ce qui permet l’aménagement intérieur en fonction de la taille de l’observateur. Ce plancher peut aussi descendre grâce à des cordes jusqu’en bas de l’échelle pour évacuer un blessé ou un tué. Il peut communiquer avec le poste de commandement ou la tourelle grâce à des tubes acoustiques.

Les observateurs observent la ligne de défense depuis un observatoire cuirassé avec :

  •  un goniomètre de siège que l’on place sur un des trois supports en bronze sous un créneaux; il sert à déterminer les coordonnés de tir ;
  • un panorama (ou une carte au 1/20000ème), qui est utilisé pour déterminer les différentes cibles en fonction des points remarquables du terrain ;
  • une lampe pour utiliser le goniomètre de nuit ;
  • un tableau de renseignements donnant les azimuts et les points remarquables.

Il existe deux modèles d’observatoire, le premier mesure 80 centimètres de diamètre, c’est le modèle le plus répandu. Le second est fabriqué à partir de 1912, avec un mètre de diamètre, ce qui permet à l’observateur d’avoir plus de place pour se servir de ses instruments.

En remontant sur le dessus l’ouvrage, à l’opposé de la tourelle de 75 millimètres, on trouve la tourelle de mitrailleuses de type GF4 (numéro 33, marché Schneider du 25 mars 1903, usine du Creusot et tir de réception, le 11 janvier 1909) et le troisième observatoire cuirassé (numéro 65, marché Schneider du 25 mars 1903, usine du Creusot). La tourelle est en position de tir et a conservé toutes ses tôles barbette. Elle était équipée de deux mitrailleuses de 8 mm modèle 1899 tirant alternativement. Cette disposition permet de tirer avec une arme pendant que l’autre refroidit. La cadence de tir de la tourelle est de 700 coups par minute à une distance maximum de 1.700 mètres, avec un angle de tir vertical de +8 à -9°. Une sécurité sera installée après 1902 et améliorée en 1914 pour empêcher la tourelle de s’éclipser lorsque les mitrailleuses sont sorties. Les munitions des mitrailleuses sont placées dans des niches aménagées dans le béton du puits de la tourelle, elles permettent de stocker jusqu’à 57.600 cartouches.

Redescendons des dessus de l’ouvrage et dirigeons-nous vers la guérite blindée de parapet. Elle est de type n°1, car complètement isolée. Placée sur le parapet d’infanterie, elle possédait une porte d’accès blindée.

Pour éviter l’installation d’observatoires cuirassés qui est très coûteuse, on installe sur les remparts des guérites blindées. Elles servent à abriter des balles, des obus shrapnel et des projections de rocailles, les sentinelles observant les lignes ennemies pour prévenir l’infanterie de rempart de la préparation d’un assaut ennemi après un bombardement. Il faut attendre le 15 juin 1905 pour que les deux types les plus répandus soient mis au point, ils seront installés dans les ouvrages après 1907. Ce modèle de guérite se compose d’une coupole en tôle d’acier emboutie de 2,5 centimètres d’épaisseur ou en acier moulé de 3,5 centimètres. Elle est placée dans une colonne de béton spécial de 80 centimètres d’épaisseur. La sentinelle peut observer soit debout ou assise sur un banc mobile réglable en hauteur

Cet ouvrage est vraiment à visiter, car la présentation est particulièrement soignée et il est dans un état vraiment exceptionnel. Tout est soigné et l’on a vraiment l’impression que l’équipage est présent.

 

Texte tiré de : fortificationet mémoire.fr/la-falouse-un ouvrage de passionés/

Ouvrage mixte N° 261 , dit du Barrage de Vievola – Italie

Ouvrage casematé en caverne complexe construit en 1939-1940, en fonction des prescriptions de la circulaire 200, pour une capacité d’ hébergement de vingt hommes, armé d’un canon anti-char de calibre 47/32 et de deux mitrailleuses orientés vers la vallée au sud .

Situé sur le versant ouest de la vallée de La Roya, en vis à vis de l’ouvrage du versant est n° 259, il prend un caractère troglodyte affirmé.

Cet ouvrage se compose d’une courte galerie de distribution avec entrée en chicane (latrine à droite, puis local du groupe électrogène à gauche), débouchant dans une chambre-abri longitudinale. A l’autre bout de cette chambre, la galerie se ramifie en quatre branches desservant chacune une casemate abritée sous un bloc de petites dimensions niché en saillie dans le front rocheux. Les trois premières casemates en partant de la gauche sont actives et établies au même niveau. Celle du milieu, en longueur avec front semi-circulaire et embrasure non cuirassée, est adaptée à la pièce anti-char. Les deux autres, avec plaque cuirasse, correspondent à une position de tir pour mitrailleuse. Le rameau de galerie situé le plus à droite, le plus long des quatre, coudé à angle droit, est entièrement traité en escalier, montant d’une soixantaine de marches jusqu’au dernier bloc, émergeant du front rocheux nettement au dessus des autres et servant d’observatoire, sa minuscule casemate étant équipée de deux larges embrasures de visée. Les petits blocs sont entièrement revêtus à l’extérieur de cailloux incrustés dans le ciment.

Actuellement, cet ouvrage se trouve en territoire français après les échange de territoire en 1946 après la 2ème guerre mondiale. Il appartient à une association italienne qui l’a complètement rénové.