Archives de l’auteur : Moret Jean-Charles

À propos Moret Jean-Charles

Fondateur de l'Association Pro Forteresse Co-fondateur de l'Association Fort Litroz

A19 – Fortin d’infanterie des Arpalles Inférieur

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: alpage des Arpalles

Altitude: 1940 m

Type: enterré

Construction: béton armé

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 2 hommes

Mission: barrer l’approche des cols du Basset et du Chargerat pour interdire tout débordement vers le Val de Bagnes visant à contourner le dispositif par les hauteurs

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe.1 mitrailleuse Mg 11, remplacée par une mitrailleuse Mg 51

Embrasures: 1 embrasure de tir

Défense-

Infrastructures: trappe et puits d’accès vertical

Camouflage-

Particularité: fortin enterré intégré dans la pente, bâti selon un plan standardisé

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

Fortin d’infanterie sous la route

BATTERIE DE LAS CENIZAS – ESPAGNE

Construite durant les années 1930 à 1934, dans le cadre du Plan de Primo de Rivera, les travaux d’implantation débutèrent dès 1929, tandis que les pièces d’artillerie furent installées en 1934.

Cette batterie se trouve sur le mont de Las Cenizas de Portmán, à une altitude de 305m, à partir de laquelle on peut observer tant la Mer Menor, que la mer Méditerranée. Elle fut également équipée de deux canons Vickers de 38,1, à l’instar de sa batterie homologue de Castillitos.

Au sein de cette construction, on peut distinguer quatre types:

Le portail, qui est inspiré par le “Temple des Guerriers des ruines de Chichén-Itzá et correspond au style Maya-toltèque”, arbore des serpents à plumes de grande taille qui représentent Kulkucán. Ils ont la tête sur la base et les crotales comme chapiteaux.

Les tunnels et salles souterraines, qui sont construits avec des murs et poutres en béton armé recouvert de terre compactée. Il existe plusieurs salles: salle des machines, entrepôt d’obus, dépôt de poudre, chambre de charge et magasin de pièces de rechange. S’y trouve également le poste central de conduite de tir, ainsi qu’une sortie d’urgence souterraine qui permet de rejoindre l’extérieur par la montagne.

Les ateliers généraux de la batterie, qui sont ornés de façades d’imitation néoclassique.

Les postes de commandement télémétrique et d’observation, qui sont semi-enterrés, tandis que les parties émergentes sont des conglomérats de blocs de pierre irrégulière, qui forment des masses volumétriques se fondant avec le paysage.

Les bâtiments destinés à l’hébergement et aux services à l’intention du personnel affecté sont de plusieurs styles plus ou moins éclectiques, à l’exception du pavillon du capitaine et de la résidence des officiers, qui sont semblables aux postes de commandement et pensés pour un meilleur camouflage.

Elle continue d’être équipée d’artillerie. En 1981, elle effectue ses derniers tirs durant un exercice de tirs de guerre. En 1990, elle obtient le statut de Taponada (fermée) et en 1994, elle est mise hors service, en conséquence de l’application du célèbre PLAN NORTE.

On y accède par une route en pierres concassées, avec une légère pente et de larges virages, depuis la route de Portmán RM-314.

 

Mousqueton modèle 1931 – Suisse

L’École de tir de Wallenstadt reçoit pour des essais, à la fin de l’année 1930, des exemplaires d’un nouveau mousqueton provenant de la Fabrique fédérale d’armes à Berne. A cette époque, l’armée dispose de deux armes individuelles, le mousqueton et le long fusil. L’arme présentée par le directeur de la Fabrique d’arme, le colonel Furrer est plus précise que le fusil long ; ce modèle est adopté par le Conseil fédéral le 22 janvier 1932 et l’arrêté des Chambres fédérales du 16 juin 1933 prévoit que le mousqueton modèle 1931 est l’arme à feu de toutes les troupes portant fusil. Pour la fourniture de ce mousqueton, livré à la troupe dès 1935, les budgets de 1931 à 1935 se chiffrent à près de deux millions par année.

Caractéristiques:

Longueur totale 1105 mm. Longueur du canon 652 mm. Idem dès la boîte de culasse 610 mm. Calibre 7,51 mm (tolérance 7,50 à 7,57 mm). Rebut 7,64 mm. Canon à 4 rayures, largeur 3,9 mm, profondeur 0,14 mm (largeur des rayures est le double de celle des champs). Les rayures hélicoïdales font environ deux tours sur la longueur du canon, imprimant un mouvement de rotation à droite au projectile (pas de 270 mm). Hausse à joues profilées et incurvées, graduée de 100 en 100 m de 100 à 1500 m. Distance de la feuille de hausse à l’arrière du guidon 511mm. Ligne de mire 568 mm. Porte-guidon fixé par une cheville (pas de tenon ni de vis), encoche de mire ovale. Le guidon est protégé par les joues protectrices légèrement incurvées dans leur partie supérieure.

Il existe 5 sortes différentes de guidons interchangeables:

Le plus haut 7,1 mm désignation +

Haut               6,8 mm désignation +

Normal         6,5 mm désignation N

Bas                 6,2 mm désignation –

Le plus bas   5,9 mm désignation _

Magasin pour 6 cartouches, il croche dans la boîte de culasse et la planche du magasin se relève. Poids de l’arme 4000 g. Numérotation de l’arme de 520 151 à 999 999 et de 215 001 à 263 330. Crosse en noyer jusqu’en 1944 et en hêtre étuvé dès cette date (Numérotation dès 840 000). Variation du point d’impact à 300 m d’une sorte de guidon à l’autre -pour mousqueton m. 1911 : 18 cm -pour mousqueton m. 1931 : 16 cm

Détente : 3 leviers (détente, gâchette et articulation de détente) plus ressort et éjecteur mobile, logé dans la boîte. Baïonnette-poignard, modèle 1918 à double tranchant, lame de 300 mm, ou baïonnette-scie modèle 1914, lame de 480 mm. Le verrouillage de la culasse s’effectue en avant de l’ouverture de charge, c’est-à-dire directement en arrière de la chambre à cartouches. L’appareil de percussion est logé dans le cylindre. Vitesse initiale de la balle 780 m/sec. Fabricant : Fabrique fédérale d’armes à Berne ; prix de revient de l’arme 400 F. Pour l’utilisation du modèle 31 pour tirer les grenades antichar modèles 44 et 48, le magasin du mousqueton est remplacé par un magasin blanc pour les cartouches propulsives et un des deux modèles de tromblon se fixant au bout du canon.

 

LA CARABINE FÉDÉRALE MODÈLE 1851

LA CARABINE FÉDÉRALE MODÈLE 1851

En Suisse, l’armement individuel du soldat a été influencé par l’intérêt très vif qu’il suscitait chez les gouvernants et les citoyens. Il n’est pas inutile de rappeler, en quelques lignes, les circonstances qui ont amené la Suisse – tout petit pays – à adopter, la première en Europe, le petit calibre pour l’élite de son armée ; le corps des carabiniers.

Le renouveau qui suit la fin de l’occupation française (1798-1813) conduit à une réforme militaire basée sur une défense nationale et non plus cantonale. Selon décision de la Diète de Zurich, en juillet 1816, une commission de quatre membres met au point le règlement militaire général pour la Confédération suisse accepté le 20 avril 1817. Ce texte prévoit, en son chapitre 62 :

L’armement des carabiniers consiste dans une forte carabine rayée en spirale et un couteau de chasse arrangé, s’il est possible, de manière à servir de baïonnette.

Toutefois, l’armée fédérale est formée de contingents des cantons, souverains pour tout ce qui concerne l’armement et l’équipement, sous le contrôle assez lointain d’une commission militaire nommée par la Diète et fonctionnant comme une sorte de « Ministère de la Guerre ».

Mais on se rend vite compte de la nécessité d’apporter plus d’unité dans les décisions concernant la défense nationale. Les dispositions de « l’Acte fédéral » de décembre 1832 renforcent la centralisation et un des conseillers fédéraux devient le chef du Département militaire. L’armée fédérale est toujours formée de contingents cantonaux, mais son instruction et son organisation relèvent du pouvoir central. Cette organisation est vivement appréciée et l’armée fédérale devient vraiment l’instrument de protection des frontières de 1848. En mars les provinces de Lombardie et de Vénitie se révoltent contre l’Autriche, ce qui oblige la Suisse à garder ses frontières du Sud. En 1849 les troubles d’Allemagne exigent le même effort pour le Nord.

LES CARABINIERS EN SUISSE

L’organisation militaire des compagnies de carabiniers qui étaient le corps caractéristique de l’armée suisse au XIXe siècle, remonte à l’année 1751. Le capitaine Jean-Louis de Bonstetten fait à cette date l’essai d’une compagnie de « tireurs volontaires » dans le régiment d’Aigle, compagnie composée de bons tireurs, non mariés ! Troupe modèle de tenue et de souplesse, elle engage le capitaine Salomon Landolt de Zurich à créer dans son canton une compagnie des « chasseurs-carabiniers ». On parla dans tout le pays de sa mobilité, de l’exactitude de ses mouvements et surtout de la précision de son tir. Au moment de l’invasion française de 1798, tous les cantons comptaient une ou plusieurs compagnies de carabiniers.

.En 1842, lorsqu’il faut en Suisse déterminer l’armement de l’infanterie, de l’artillerie et de la cavalerie, d’après les modèles français de 1840, il n’y a pas d’ordonnance précise pour l’arme des carabiniers. Le règlement en recommande les principales dimensions :

– Longueur totale: 1260mm,

– Longueur du canon : 900 mm,

– Poids : de 5 à 6 kg,

– Calibre de 23 balles à la livre, avec une tolérance de deux balles en plus ou en moins,

  • Canon avec un pas de rayure de 3/4 de tour à un tour sur sa longueur.

LES CARABINES À L’ÉTRANGER 1840-1850

La France adopte pour les bataillons de chasseurs à pied organisés par le duc d’Orléans et plus tard pour les zouaves – la carabine à tige du lieutenant-colonel Thouvenin, modèle 1846, au calibre de 17,8mm.

L’Angleterre utilise son modèle 1842, de 19,25 mm.

La Prusse remet aux chasseurs et aux fusiliers de la Garde la carabine du système Dreyse, modèle 1849, du calibre 15,43 mm, qui accuse quelques améliorations de détail par rapport au fusil de l’armée de 1841.

La Belgique choisit en 1848 la carabine à tige système Thouvenin au calibre de 17,5 mm pour ses chasseurs-carabiniers. Ce modèle est remis peu après aux chasseurs-éclaireurs de la Garde civique et aux bons tireurs des compagnies de débarquement de la marine

.Aux Etats-Unis, on utilise des carabines calibre 52 (13,20mm) et calibre 54 (13,71 mm) avec la carabine Harper Ferry, calibre 52 transformée en calibre 58 au cours de la guerre civile.

Signalons encore la seule arme d’ordonnance – à cheminée – réglementaire de carabiniers, dans un canton suisse, celle des compagnies bernoises, mise au point par Karl-Ferdinand Fischer en 1829, déjà avec un calibre de 14,8mm et d’un poids de 6190g (sans bretelle ni baïonnette).

L’INFLUENCE DES ÉVÉNEMENTS EUROPÉENS DE 1848-1850:

Cette difficile période montre l’utilité d’une concentration des pouvoirs, nécessaire pour mieux assurer la défense nationale.

L’organisation de l’armée – jusque-là formée de contingents cantonaux très indépendants quant aux obligations militaires – devient l’affaire du Conseil fédéral qui s’occupe, en tout premier, d’un armement uniforme et efficace des troupes de carabiniers.

Plusieurs textes importants témoignent des nouvelles conceptions, entre autres la loi fédérale sur l’organisation militaire de la Confédération du 8 mai 1850, complétée par la loi du 2 décembre 1850 sur l’armement et l’équipement des carabiniers.

L’autorité centrale s’occupe depuis un certain temps déjà des détails d’un nouvel armement portatif. On lit, dans le rapport du Conseil général à la « Haute Assemblée fédérale », sur sa gestion de 1849:

…Le modèle de carabine présenté le 16 octobre 1848 par le Conseil fédéral de la guerre n’a pas encore entièrement satisfait. Dans le courant de l’année (1849), il est venu de diverses parts même de particuliers (c’est nous qui soulignons) d’autres modèles différents du modèle fédéral, en partie par le calibre, en partie par la construction de quelques pièces. Durant l’occupation des frontières du Rhin. des essais ont aussi été faits avec des carabines de divers modèles et enfin, une conférence d’officiers de carabiniers a été convoquée à Hutten pour y traiter la question des carabines. Dans le but de ne rien omettre en vue du perfectionnement de cette arme nationale (c’est nous qui soulignons) on a désigné pour examiner les divers systèmes et établir un modèle définitif une nouvelle commission d’experts… Elle a commencé ses travaux avec le mois de novembre mais elle a dû les suspendre à cause de l’intensité du froid. La solution de cette question se trouvera en conséquence dans le prochain compte rendu

.En effet, le rapport de 1850 du Conseil fédéral revient en détail sur le sujet. La commission d’experts reprend ses travaux le 13 mars 1850, son rapport final est communiqué le 1er juillet aux cantons fournissant des carabiniers :

…ils ont été informés en même temps que le Conseil fédéral avait adopté, comme ordonnance fédérale, le modèle proposé par la commission…

 

Les hautes autorités sont satisfaites de l’arme proposée :

Elle réunit en ce qui concerne la portée, l’exactitude et la force de percussion, des avantages que ne présente aucune autre arme de ce genre !

Les difficultés d’acheminement du matériel de guerre sont, à l’époque, bien sérieuses puisque le Conseil fédéral indique dans son rapport de 1850, présenté le 31 mai 1851 :

… Les carabines modèles n’ont malheureusement pas encore pu être envoyées aux cantons parce que ce n’est qu’après de longues négociations diplomatiques qu’il a été possible d’obtenir l’autorisation de faire transiter à travers les Etats respectifs les pièces d’armes nécessaires provenant de la fabrique de Liège

.Le rapport de gestion du Conseil fédéral de 1851 peut enfin – de nouveaux examens ayant été nécessaires par suite d’observations parvenues de Suisse orientale -faire état de la décision définitive

… Les membres de la commission pour la confection de modèles de carabines ont été convoqués à une délibération définitive  le 9 avril 18….

 Le 13 mai, le Conseil fédéral peut, en vertu des pleins pouvoirs qu’il avait reçu le 21 décembre 1850 de l’Assemblée fédérale, promulguer l’ordonnance concernant l’armement et l’équipement des carabiniers. Par missive du 20 mai, le Département militaire annonce aux gouvernements cantonaux respectifs que :

…L’Administrateur du matériel de guerre fédéral leur enverra un modèle de carabine à la nouvelle ordonnance…

.La Suisse, pour la première fois, dotait son armée d’une arme identique pour tous les cantons.

CARABINE FÉDÉRALE 1851: PRINCIPALES DIMENSIONS

– Longueur totale: 1262mm.

– Poids avec baïonnette et bretelle : 5425 g

– Longueur du canon : 840mm,

– Calibre; 10,5 mm,

– Hausse : à cadran, graduée sur la joue gauche de 200 à 1000 pas, chaque 100 pas.

– Rayures : huit – largeur égale à celle des champs -profondeur 0,225 mm – un tour sur         900mm.

– Platine : ordinaire à chaînette double-détente.

– Canon : maintenu par deux goupilles sur le fût,

– Bronzage du canon : chocolat.

Baïonnette :

– Longueur de la lame: 485mm.

– Fixation : à glissière dans un logement soudé à droite à l’extrémité du canon maintenu par un ressort.

– Face: concave, dos renforcé par une arête.

Baguette :

Le refouloir porte un évidement de la forme de l’extrémité de la balle. Un talon limite l’enfoncement dans le canon pour ne pas écraser la poudre,

Accessoires portés par le carabinier :

– Moule à balles.

– Cuiller à fondre le plomb.

– Tournevis avec dé de cheminée.

– Tire-balle.

– Tire-bourre.

– Lavoir.

– Bouchon de carabine.

– Epinglette avec sa chaînette.

– Deux cheminées.

– Guidon de rechange.

– Emporte-pièce,

– Etoffe et graisse pour la confection des calepins.

Cartouche :

La cartouche ne contient que la seule charge de poudre de 4g. Le projectile, entouré de son enveloppe grasse. est transporté à part; c’est une balle à compression de 17g. La dotation de campagne est de 60 cartouches, 60 balles et 78 capsules.

-Vitesse à la bouche; 440 m/seconde.

LES MODIFICATIONS DE 1864

En 1864, le département militaire fédéral propose quelques améliorations de détail sur l’arme de 1851. Elles ne changent pas la ligne générale et sont acceptées par l’arrêté du Conseil fédéral du 10 décembre 1864. Ces modifications se présentent ainsi :

– Rayures : quatre au lieu de huit – un tour sur 750mm.

– Hausse : même graduation, mais avec la présentation de celle du fusil d’infanterie de 1863,

-Platine; celle du fusil 1863, avec une nouvelle cheminée permettant l’emploi de grosses capsules.

  • Baïonnette : lame yatagan de 525 mm de longueur.

Les deux carabines, modèle 1851 et 1864, transformées en 1867 pour le chargement par la culasse suivant le système à tabatière Milbank-AmsIer,

Elles restent en service jusqu’à l’adoption de la carabine Vetterli en 1871.

Auteur : Clément  Bosson

 

A18 – Fortin d’infanterie du Col du Basset

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: Mont Brûlé

Altitude: 2420 m

Type: souterrain

Construction: sous roc

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: inconnu

Mission: barrer le Col du Basset pour interdire tout débordement par les hauteurs visant à contourner le dispositif par le Val de Bagnes

Armement: non permanent, installé sur place par la troupe occupant le secteur-1 mitrailleuse Mg 11, remplacée ensuite par 1 mitrailleuse Mg 51

Embrasures: 1 embrasure de tir

Défense-

Infrastructures: autres embrasures de tir prévues mais abandonnées en cours de construction en raison de la friabilité du roc

Camouflage: revêtement de pierres destiné à fondre la face de l’ouvrage dans la paroi de rocher

Particularités: accès frontal disposé parallèlement à l’embrasure de tir et fermé par une simple porte en bois ! Forages amorcés sur le versant oriental (embrasures initialement prévues et abandonnées vu la fissuration du roc?)

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

A17 – Fortin d’infanterie Mont Brûlé Nord

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: Mont Brûlé

Altitude: 2570 m

Type: souterrain

Construction: sous roc / béton armé

Affectation: observatoire d’artillerie

Catégorie: poste d’observation d’altitude

Effectif: 15 hommes

Mission: direction et réglage du feu de l’artillerie du secteur (artillerie de campagne et/ou artillerie de forteresse).

Armement-

Embrasures: 4 embrasure d’observation permettant une surveillance sur 360°.

Défense: porte blindée, 1 goulotte lance grenades (entrée).

Infrastructure: sabri-caverne (15 châlits).

Camouflage: masse couvrante en pierres sèches doublant et protégeant le béton du poste d’observation

Particularités: puits d’accès vertical reliant le logement sous roc au P. Obs. Dépôt sous roc amorcé mais abandonné en cours de forage en raison d’un éboulement de la voûte du rocher. Caractère alpin très affirmé. Position dominante offrant un dégagement circulaire complet

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

 

Panzerzug sur le front de l’Est

Tout au long de la seconde guerre mondiale, les Allemands ont utilisé un grand nombre de trains blindés, tant sur le front de l’Est qu’à l’Ouest, y compris en France.

La composition, l’armement et la protection de ces « Panzerzug » a varié au fil du temps, en fonction des nécessités du moment, des impératifs tactiques du champ de bataille et de l’évolution de la situation générale.

La majorité d’entre eux a principalement servi sur le front de l’Est où ils ont été engagés aussi bien dans les vastes plaines steppiques d’Ukraine et de Crimée que dans les profondes forêts de Biélorussie et de Russie du Nord.

Leur usage a été multiple et dives. Ils ont été employés aussi bien dans la difficile guerre contre les partisans sévissant dans les immenses territoires occupés de l’arrière que pour renforcer certains secteurs menacés du front ou appuyer certaines offensives. Des duels au canon ont ainsi opposés des trains blindés allemands à des chars soviétiques.

Ces trains permettaient également de patrouiller le long de certaines lignes de chemin de fer sensibles, pour maintenir ouvertes les lignes de ravitaillement assurant l’approvisionnement les troupes du front, notamment pour conter les tentatives de sabotages qui affectaient la logistique des armées.

Les Allemands ont vite compris l’avantage que représentait ces trains très mobiles, lourdement armés et puissamment cuirassés, que l’on pouvait déplacer très rapidement d’un secteur à l’autre, y compris de nuit.

Une partie d’entre eux ont été détruits au combat, d’autres ont été capturés en 1945 ou ferraillés après guerre.

La galerie de clichés ci-dessous en présente quelques exemples…

 

A16 – Fortin d’infanterie Mont Brûlé Sud

Secteur: Val d’Entremont, massif des Combins

Situation: Mont Brûlé

Altitude: 2550 m

Type: souterrain

Construction: sous roc

Affectation: ouvrage de montagne

Catégorie: fortin d’altitude

Effectif: 16 hommes

Mission: interdire toute infiltration par les hauteurs visant à déborder le dispositif par le Col de Mille et le Val de Bagnes

Armement: non permanent, acheminé et installé sur place par la troupe: 2 mitrailleuses Mg11 et 1 fusil-mitrailleur Fm 25, remplacés par 2 mitrailleuses Mg 51 et 1 fusil d’assaut Fass 57

Embrasures: 3 embrasures de tir

Défense: porte blindée, 1 goulotte lance grenades (entrée).

Infrastructures: abri-caverne (16 lits), toilettes ménagées dans le couloir d’accès

Camouflage-

Particularité: Embrasure nord décalée en hauteur (échelle d’accès intérieur).

Etat actuel: vidé et désarmé après déclassement.

Arquebuse (canon ach) 20 mm – Suisse

Arquebuse antichar 20 mm 1940 Solo (Ab. a.-ch. 20 mm solo 40)

Vu le grave manque d’armes convenables au début de la guerre, et pour des raisons de politique de neutralité, toutes les arquebuses antichars du type Solo S18-1000 de la fabrique d’armes de Soleure disponibles en Suisse, produites principalement pour l’exportation, ont été confisquées et introduites dans l’armée comme arquebuse antichar 20 mm 1940 Solo. Filiale de la société Rheinmetall AG, la fabrique d’armes de Soleure était entièrement sous contrôle allemand.

Ces arquebuses antichars montées sur un affût à roues très simple, avec deux caisses de munitions, portaient d’ailleurs les marques des États souverains en fonction de leur destination initialement prévue.

La vitesse initiale (Vo) des obus était de 880 m/s.

Les fusils de chasseurs modèle 1853 et 1856

L’INTRODUCTION de la carabine fédérale modèle 1851, pour l’armement des carabiniers fut fort bien accueillie en Suisse. Les carabiniers, bons tireurs, élite de l’armée, possédaient ainsi une arme légère, précise, au calibre réduit de 10,4mm, plus agréable à servir que l’ancienne carabine cantonale pesant 6 à 8 kg. Le carabinier a confiance dans son arme; ce sentiment encouragea les autorités militaires à rechercher le moyen de faire partager cette sécurité à d’autres éléments de l’armée.

 

L’ARMÉE FÉDÉRALE

Elle est décrite dans la « Loi fédérale sur l’organisation militaire de la Confédération suisse » du 8 mai 1850, qui prévoit à son article premier : « …Tout Suisse est tenu au service militaire. L’armée fédérale est formée des contingents cantonaux fournissant l'<b>Elite</b> (3 hommes sur 100 âmes de population suisse) dans laquelle le citoyen, déclaré apte, sert de vingt à trente-quatre ans- <b>La Réserve</b> compte les hommes de trente-quatre à quarante ans et la Landwehr dans laquelle on est incorporé jusqu’à quarante-quatre ans. »

LES EFFECTIFS

Voici ceux au 31 décembre 1855. donc valables pour l’époque d’introduction du fusil de chasseurs:

-Carabiniers de l’Elite: 45 compagnies soit 5232 hommes

-Carabiniers de la Réserv : 28 compagnies soit 3280 hommes

-pour un total de 8512 hommes

Ce nombre est à mettre en regard des effectifs de:

-l’infanterie de l’Élite 75 bataillons, 8 demi-bataillons soit 59 114 hommes

-Infanterie de la Réserve : 37 bataillons, 7 demi-bataillons soit 32858 hommes

-pour un total de 91 972 hommes

Le bataillon est formé de 6 compagnies dont 2 de chasseurs, destinées à tirailler; le demi-bataillon compte une compagnie de chasseurs. Reprenons les chiffres: 8500 hommes armés de la carabine, 90 000 utilisant encore l’arme à canon lisse et balle ronde de 17,5mm – dont les experts militaires dans toute l’Europe reconnaissaient la faible efficacité – c’est le tiers de l’armée, soit les chasseurs dotés d’un fusil précis, qui renforçait très sensiblement sa puissance de feu.

LE PREMIER FUSIL DE CHASSEUR

Le principe de l’arme précise à longue portée – donc rayée – fut accepté des autorités fédérales par l’importante loi, du 27 août 1851, sur l’habillement, l’armement et l’équipement de l’armée qui prévoyait, à son article 38 : « … Les chasseurs devront être successivement et jusqu’à l’année 1857 au plus tard, armés de fusils rayés. »

Si les carabiniers reçoivent assez rapidement l’arme satisfaisante, la mise au point est plus lente à venir pour le fusil de chasseurs. Le 19 décembre 1853 – vingt-huit mois plus tard – l’ordonnance  » concernant l’armement et l’équipement des chasseurs  » fait connaître, en détail, le tableau des dimensions de l’arme:

-Calibre du canon: 3 lignes – 5 traits: 10,5 mm

-Longueur du canon « en fer soudé ou d’acier fondu bronzé »: 2 pieds, 8 pouces: 840 mm

-Rayures « au nombre de 8 de profondeur égale, largeur du vide égale à celle du plein »

-Longueur du pas : 3 pieds : 900 mm

-Hausse « en fer avec feuille mobile comme pour la carabine avec division de 200 – 400 – 600 et 800 pas »

-Platine : pareille à celle de la carabine, sans double détente

-Garnitures en laiton

-Longueur de l’arme: 4 pieds, 1 pouce. 3 lignes: 1 239 mm

Cartouches contenant:

-La balle cylindro-conique à deux rainures, en plomb mou, diamètre 33,5 traits (10,5mm), poids d’environ 16g

-La charge de 4 g poudre de fusil. Elle doit être renfermée avec la balle dans une cartouche de papier à écrire et dont l’extrémité inférieure aura été trempée à hauteur de 2 à 3 lignes dans un bain composé de 4 parties de suif et d’une partie de cire jaune.

La dotation, pour chaque homme, est de 60 cartouches et 78 capsules comme pour celle du carabinier.

Relevons que le texte ordonnant le libellé à imprimer sur les paquets de cartouches est bien prudent quant à la date de mise en service de l’arme, soit « … pour fusils de chasseurs 18… »!!! La chronologie va nous montrer combien cette prudence, quant à une adoption définitive, est justifiée!

En mai 1852, les essais sont confiés à une petite commission formée de deux officiers et de l’administrateur du matériel qui vont s’assurer si un projectile conique, avec la capsule en fer et les rayures à profondeur variable, convient pour l’arme. En avril 1853, le Département militaire se renseigne sur les essais effectués dans les États voisins pour tirer des projectiles coniques au moyen de canons non rayés. On connaît ceux-ci depuis toujours et la conviction de beaucoup d’experts tend à la conservation de ce matériel.

En octobre 1853, les spécialistes se prononcent et le 19 décembre le fusil de chasseurs est adopté; les modèles devront être présentés aux cantons, pour qu’ils passent commande, à la fin mars 1854. En fait, les fusils « type » parviennent aux autorités cantonales en juin 1854; l’accueil manque d’enthousiasme, la qualité du fusil n’est pas en cause mais bien les frais de l’opération.

L’Assemblée nationale devant les hésitations cantonales demande, le 20 juillet 1854, au Conseil fédéral « …De faire procéder préalablement, aux frais de la Confédération, à des essais sur une grande échelle touchant la convenance d’adopter le fusil de chasseurs.

Quelques variations dans les résultats sont constatées lors des essais, variations provenant de différences de qualité dans les armes fournies par divers constructeurs, ce qui amène la proposition logique de créer un atelier en Suisse « … Pour rayer et dresser des armes à feu portatives. » L’arrêté de l’Assemblée fédérale, cité ci-dessus, refuse expressément une telle réalisation ; la Fabrique fédérale d’armes ne construira donc des armes suisses qu’à partir de 1871…

La réticence générale s’appuie sur des détails de fabrications : difficulté de tirer sur deux rangs à cause du peu de longueur de l’arme, trou de cheminée trop petit dans le bas, grain de mire si tranchant qu’il blesse la main des hommes, départ trop dur … Mais la vraie raison – l’emploi tactique du fusil – éclate dans le texte de l’arrêté du 20 décembre 1854: « …considérant que l’emploi sur le terrain des bataillons d’infanterie est modifié par l’adoption du nouveau fusil de chasseurs ; que les dernières expériences de la guerre n’ont pas été mises à profit et que les essais et les comparaisons n’ont pas été faits sur une échelle assez considérable et en employant un nombre de troupes suffisant ; que le calcul des dépenses qu’occasionnera cette décision n’est pas suffisamment établi…  » En conclusion, le nouveau fusil de chasseurs n’est pas accepté pour le moment, la question est renvoyée à un nouvel examen fédéral.

Et voici pourquoi le fusil de chasseur, modèle 1853, est si rare! ! !

L’examen qui avait été demandé au Conseil fédéral se fait attendre, les armes n’ayant été livrées qu’en automne 1855 « …A une époque trop avancée de l’année pour pouvoir commencer les essais. Ils auront lieu au printemps 1856.

La commission des experts travaille alors très vite, l’affaire était pendante depuis 1851 et les pays d’Europe, surtout, adoptent le fusil rayé, la France étend à toute l’infanterie la décision prise pour la Garde impériale, l’Angleterre dote aussi son infanterie du fusil Enfield modèle 1853 – première arme bénéficiant d’une construction industrielle – la Prusse remet, en 1855, à l’infanterie de ligne, le fusil rayé, suivie par l’Autriche, la Belgique – qui vient de mettre au point le projectile du général Timmershaus – les Principautés allemandes fournissent aussi à leurs armées des fusils rayés. La Suisse ne peut donc s’exclure de cette tendance générale.

Les essais furent menés en grand, simultanément sur les places de Bière, Aarau et Zurich « … ces essais… ont servi à constater de nouveau la supériorité et l’excellence de cette arme en elle-même et comparée à d’autres…

Le Conseil fédéral, dans ce message, fait observer que le modèle ayant servi à ces essais (1853) devrait être allongé de 3 pouces pour faciliter le tir par des détachements importants. Il continue « … Maintenant que tous les Etats ont considérablement augmenté le nombre de leurs troupes armées de fusil rayé, que les essais et comparaisons faits chez nous ont présenté des résultats très satisfaisants, que la Suisse possède une quantité de bons tireurs <b>qui ne peuvent absolument pas être tous incorporés dans les carabiniers</b> (c’est nous qui soulignons), le Conseil fédéral trouve urgent que la Confédération arme du fusil de chasseur modifié comme il a été dit plus haut (allongement de 3 pouces) au moins une compagnie de chasseurs par bataillon, de plus les compagnies de chasseurs des demi-bataillons et enfin une partie des compagnies non réparties dans l’armée fédérale : fusil dont la justesse n’est surpassée par celle d’aucune arme adoptée ailleurs, qui porte à une grande distance et dont la force de percussion exerce encore l’action destructive nécessaire à un quart de lieu de distance.

La construction prévue est de 13 648 fusils et le terme de la livraison est fixé au 31 décembre 1860. L’Assemblée fédérale décide, les 23 et 25 septembre 1856, de suivre les conclusions du Conseil fédéral exprimées dans le message cité et adopte ainsi le fusil de chasseurs 1856. Cependant, l’introduction du fusil de chasseurs n’est pas acceptée partout avec enthousiasme. Il est relevé combien l’armement helvétique est influencé par les tireurs et ceux qui les représentent le mieux: les carabiniers. Pour ces derniers, leur arme les enchante au stand, le dimanche, et ces performances leur suffisent.

Le fusil de chasseurs – certes la meilleure arme portative de son temps – n’est pas considéré par d’aucuns comme une arme de GUERRE. Pour ceux-ci, les soins et le service de l’arme dépassent les capacités du soldat moyen. On lui reproche la charge laborieuse du fait des cartouches longues et étroites, les difficultés du feu par salves à cause du peu de longueur du canon, le vent trop petit sensible à l’encrassement.

Il faudra une notable évolution des opinions militaires pour que soit admis le fusil d’infanterie, modèle 1863, qui n’est autre qu’une conception évoluée du fusil de chasseurs.

 

L’ARME

Modèle 1853

-Longueur totale: 1239

-Longueur du canon: 840 mm.

-Calibre:10,5mm. Poids sans bretelle: 4375g.

-Rayures: 8 – un tour sur 900 mm. Garnitures en laiton.

-Baïonnette d’estoc à douille et à virole

-Longueur de la lame: 510mm.

 

Modèle 1856

-Longueur totale: 1 320 mm (1 239 + 3 pouces)

-Longueur du canon: 930mm. Calibre: 10,5mm.

-Poids: 4410 g.

-Rayures :4 – largeur 3,9 mm, profondeur 0,225 mm,

-1 tour sur 810mm.

-Hausse: graduée de 200 en 200 pas jusqu’à 1 000 pas.

-Garnitures en fer.

-Platine à cheminée, à chaînette comme celle de la carabine fédérale mais à détente simple.

-Baïonnette d’estoc à douille et à virole

-longueur de la lame 510mm.

 

Voici ce qu’on lit dans le rapport présenté pour l’année 1856 (p. 196) et qui explique les modifications apportées au modèle « … Les expériences avec des canons allongés ont donné au chronoscope de Hipp un temps plus court pour la durée de la trajectoire qu’avec les canons courts. La diminution du nombre des rayures a donné une trajectoire plus aplatie. »

MUNITION

– Poids de la balle de plomb : 17 grammes, à compression avec 2 rainures.

-Poids de la poudre noire N° 3: 4 grammes

-Charge et balle dans une double enveloppe de papier graissé

-Vitesse initiale: 444mètres/seconde

-Performance à 800 pas (600m) le fusil de chasseurs plaçait 700% des coups dans la cible de 2,40m x 2,40 m et à 1 600 pas (1 200 m) encore 30 % des balles tirées dans une cible de 3,22 m x 5,80 m (la carabine fédérale 47%).

<p>Ce fusil de chasseurs, accepté avec réticence, montre pourtant le chemin vers le prochain fusil de l’infanterie, celui de 1863

par Clément BOSSON