Archives de l’auteur : Moret Jean-Charles

À propos Moret Jean-Charles

Fondateur de l'Association Pro Forteresse Co-fondateur de l'Association Fort Litroz

La Batterie allemande de 380 mm « TIRPITZ » (Dannemark)

La batterie « Tirpitz » est l’une des plus grosses batteries côtières construites par la Kriegsmarine sur le Mur de l’Atlantique. Elle est située à Blåvand, près de Oksby, sur la côte ouest du Jutland (Danemark). Elle faisait partie de la formidable barrière de béton qui s’étirait sur 5000 kilomètres, des Pyrénées atlantiques jusqu’au Cap Nord, à l’extrémité septentrionale de la Norvège. Sa mission était de défendre les approches du port danois de Esbjerg et de battre le littoral sud-ouest du Jutland en cas d’invasion alliée sur les côtes ouest du Danemark.

Selon les plans allemands, la batterie comprenait les installations suivantes, disséminées dans les dunes du littoral de Blavand :

  • 2 énormes bunkers-casemates, armés chacun de 2 pièces de marine de 38 cm SKC 34 installées en tourelle sur le couronnement des bunkers
  • 1 Leitstand servant de PC et de poste de conduite du tir pour diriger le feu des pièces
  • 2 grands bunkers à munitions dispersés dans les dunes
  • 2 bunkers-abris pour la garnison, protégés chacun par des pièces de Flak légères
  • 6 bunkers plus petits pour le personnel auxiliaire
  • 2 emplacements pour des batteries de Flak lourdes chargées de la défense du périmètre.

Les travaux, supervisés par l’Organisation Todt, débutèrent tardivement, en juillet 1944, mais furent rondement menés. Les plans prévoyaient que la batterie soit opérationnelle dès septembre 1945, mais elle ne put être terminée. En mai, lorsque les Britanniques libérèrent le Danemark, le gros œuvre était déjà achevé et les 4 canons de marine de 380 mm étaient sur le point d’être installés dans les tourelles. Les Alliés découvrirent les énormes tubes à la gare ferroviaire de Guldager, près de la ville de Esbjerg, où ils avaient été abandonnés en cours de transfert vers les bunkers. Trois d’entre eux furent ferraillés et fondus à l’issue de la guerre. Le quatrième est exposé aujourd’hui près de la batterie de Hanstholm, à l’extrémité nord du Jutland. La quasi-totalité des équipements internes des bunkers a disparu et le site demeura longtemps inaccessible et dangereux, vu la présence de mines posées par les Allemands et en raison des dégâts causés aux installations par les explosifs que les Britanniques firent détonner dans les soutes. Malgré cela, la visite du site impressionne par les dimensions colossales des bunkers et par l’énormité du puits central qui assurait la communication entre la tourelle et les 2 étages souterrains de chacune des deux casemates.

Des bunkers armés de tourelles de cuirassés

Les deux bunkers-casemates, réalisés entièrement en béton armé, mesurent 25 x 22 mètres de côté, pour une hauteur de 10,60 m. Ils comportent 2 niveaux souterrains. La construction de chacun d’eux a englouti environ 2000 m3 de béton, sans parler de l’acier nécessaire au ferraillage. Les murs extérieurs, conçus pour résister à un pilonnage naval de gros calibre, ont 3,50 m d’épaisseur, contre seulement 1,00 à 1,50 m pour les murs intérieurs, et 1,20 m pour la dalle séparant les deux étages.

Il était prévu d’équiper chaque casemate d’une tourelle cuirassée de marine de 3,80 m de hauteur, installée sur le couronnement des ouvrages. Ces tourelles, armées de 2 canons de marine de 38 cm SKC 34, étaient en tous points identiques à celles équipant les nouveaux cuirassés lourds de la classe « Tirpitz » et « Bismark ». Avec ses 2 tourelles de 2 pièces, la batterie de Blavand aurait disposé ainsi d’une puissance de feu équivalente à la moitié de celle de l’artillerie principale d’un cuirassé de la Kriegsmarine, avec la possibilité de tirer autant vers le large que vers l’intérieur des terres, et de battre les plages du littoral jusqu’à une quarantaine de kilomètres en cas de débarquement des Alliés sur la côte sud-ouest du Jutland. La portée des pièces était comprise entre 42 et 55 km selon le type de charge utilisée.

Ces tubes de 380 mm étaient des pièces surnuméraires, fabriquées en 1943 par Krupp pour équiper la nouvelle flotte de cuirassés géants planifiés par la Kriegsmarine. Celle-ci n’en ayant finalement construit que deux (« Tirpitz » et « Bismarck »), les Allemands décidèrent alors de les utiliser pour réarmer le cuirassé « Gneisenau » qui était doté de tubes de 280 mm, afin d’accroître sa puissance de feu. Mais ce projet fut abandonné en février 1943, suite à un raid de bombardement qui causa de graves avaries au « Gneisenau », et les tubes furent réaffectés à la défense côtière du Jutland.

Le centre du  bunker est entièrement occupé par un énorme puits circulaire béant (C) qui traverse toute la hauteur de l’édifice et relie les étages souterrains à la base de la tourelle. Ce puits abritait un gigantesque  monte-charge à munitions, aujourd’hui disparu. Les locaux des deux niveaux inférieurs s’organisent autour de ce puits central qui forme véritablement le cœur de chacune des casemates.

Le niveau inférieur

Le niveau inférieur, situé en-dessous du sol, abrite principalement les magasins à munitions, ainsi que les installations de ventilation et de chauffage. Trois côtés du bunker sont entièrement occupés par les soutes à obus (M), destinés au stockage des énormes projectiles de 380 mm.  Ces 3 soutes sont reliées au monte-charge du puits central (C) par deux voies étroites qui permettaient de transporter les obus sur des wagonnets, de façon à approvisionner la tourelle. Le quatrième côté du bunker, traversé par une galerie de service (G) également équipée d’une voie étroite, abrite la chaufferie et le système de ventilation de l’ouvrage (V),  ainsi que deux petites soutes destinées au stockage des fusées d’amorçage des obus (Zünderraum F).

Le niveau supérieur

L’étage supérieur, également souterrain mais relié à l’extérieur par un couloir (G), abritait les douilles et les énormes charges propulsives. Celles-ci étaient stockées dans 3 soutes réparties le long de 3 côtés du bunker (P). La manutention des charges et des douilles, particulièrement pesantes et volumineuses, était facilitée par un système de rails plafonniers qui permettait de les déplacer facilement d’une soute à l’autre et de les acheminer rapidement vers le monte-charge du puits central.

 Visites et informations

Le site de la batterie « Tirpitz » est d’accès public et ouvert toute l’année. Mais les horaires changent d’une année à l’autre et en fonction des saisons. Mieux vaut donc se renseigner à l’avance.

Informations et renseignements : Museet for Varde By og Omegn, Lundvej 4, 6800 VARDE (Danemark).

La famille des STEN (Grande Bretagne)

Conçu par les Italiens dès 1914 et par les Allemands en 1918, le pistolet mitrailleur était en réalité né trop tard pour pouvoir être pleinement évalué au combat avant l’armistice du 11 novembre.

C’est seulement lors de la guerre civile d’Espagne (1936-1939) qu’il fut très largement utilisé et que les observateurs militaires s’accordèrent à lui reconnaître toute son importance.

Malheureusement, si les Allemands et les Italiens avaient non seulement reconnu la valeur de l’arme nouvelle, mais en avaient doté la majeure partie de leurs troupes d’assaut, les Français, et surtout les Anglais, étaient restés très loin en arrière, ces derniers se contentant d’acquérir quelques très belles mais fort coûteuses mitraillettes américaines Thompson dans le style des années de la prohibition, sous prétexte que leur armée n’avait pas à être équipée avec des armes de gangsters. On sait trop comment tout cela se termina : en quelques semaines la France était écrasée, l’armée anglaise avait perdu tout son équipement à Dunkerque et devait faire face, seule et nue, à la plus merveilleuse et la plus puissante machine militaire jamais réalisée.

Le temps n’était plus aux tergiversations ni aux états d’âme. Il fallait d’urgence des centaines de milliers « d’armes de gangsters » pour en doter un plus vite tous les citoyens britanniques en état de porter les armes. Les usines américaines ne pouvaient répondre à un tel programme et les Thompson étaient trop « sophistiquées » pour se prêter à une production improvisée : il fallait que quelques usines spécialisées, dont l’arsenal d’Enfield et la compagnie B.S.A., fournissent les pièces délicates, c’est-à-dire les canons et les culasses-percutantes, et que tout le reste : carcasse, crosse d’épaulement, mécanisme de détente et chargeurs puissent être sous-traités par n’importe quelle petite usine métallurgique non spécialisée, fût-elle auparavant productrice de jouets ou de tondeuses à gazon.

Un pistolet mitrailleur allemand réglementaire MP-40 récupéré en France servit de modèle, car il n’était plus temps d’inventer. Quant aux munitions, c’est un lot considérable de cartouches de 9 mm parabellum capturé par les troupes britanniques après la défaite italienne en Erythrée qui permit de faire la soudure et d’attendre une production nationale.

La réalisation d’un MP-40 exigeait une technique de l’estampage du métal très poussée qui était irréalisable dans les conditions qui prévalaient en Angleterre en 1940. Il fallut donc simplifier encore, ce qui permit d’abaisser le coût de la production jusqu’à l’absurde et de gagner des délais vitaux ; le résultat d’un cahier des charges aussi draconien fut une arme informe et hideuse mais qui fonctionnait presque aussi bien que les belles et coûteuses MP-38 ou MP-40. On lui donna le nom de Sten, avec le numéro de type I.

Les auteurs anglo-saxons s’accordent pour dire que ce nom provient des initiales des deux créateurs Shepperd et Turpin accolées aux deux premières lettres de l’arsenal d’Enfield, où eurent lieu les premières fabrications.

Les Sten MK I sortirent en juin 1941 de l’arsenal d’Enfield et de l’usine B.S.A. de Birmingham. Ces Sten mariaient encore le fer et le bois ; quelques mois après, on décida de les simplifier en supprimant les pièces de bois et en les remplaçant par de la tôle pliée. Le cache-flamme jugé superflu fut ôté. On gagnait ainsi en longueur, en poids et en temps. Les armes simplifiées prirent la dénomination de Sten MK I(*).

Au total, c’est plus de cent mille Sten MK I(*) qui furent fabriquées entre le mois de juin et la fin de l’année 1941. Ces deux modèles essuyèrent les plâtres ; en 1942, leur succéda la plus célèbre des Sten, la Sten MK II, qui pouvait se démonter instantanément en trois parties dont la plus grande ne dépassait pas 33 cm et pouvait se dissimuler dans un grand sac à main.

Plus de deux millions de Sten MK II furent manufacturées entre 1942 et 1944, tant en Angleterre qu’au Canada et en Nouvelle-Zélande. Un nombre considérable de ces modèles put être distribué aux groupes de Résistance dans toute l’Europe occupée ainsi qu’en Extrême-Orient en raison des surplus de ce type d’arme qu encombrèrent bientôt les dépôts. Mais, si l’engin se prêtait fort bien à la guerre clandestine, il ne faudrait pas croire qu’il fut conçu spécialement pour elle : la Sten MK II, tout comme les autres Sten, fut avant tout le pistolet mitrailleur réglementaire de l’armée britannique, en dotation courante à partir de 1942 dans la plupart des unités, à l’exception peut-être des commandos de la marine qui conservèrent une affection toute spéciale pour la belle Thompson américaine.

En 1943 et en 1944 apparurent deux nouveaux modèles de Sten.

 

1943 : La Sten MK III

La Sten MK III descend directement de la Sten MK I(*). Elle remédie à deux défauts de la Sten MK II, défauts qui provenaient du fait de la position obligée et stricte, lors du tir, des doigts de la main gauche, si l’on voulait éviter :

  1. de se brûler lorsque la main était trop en avant ;
  2. de se pincer cruellement lorsque la main était trop en arrière.

Pour cela, on revint à la jaquette entourant le canon de la Sten MK I(*) qui permettait une mise en main facile et confortable, et on empêcha la main de glisser trop vers l’arrière en rivant une butée en tôle à l’avant de la fenêtre d’éjection.

En contrepartie, on perdait l’avantage de la possibilité du démontage en trois parties de la MK II.

Cette Sten MK III fut également parachutée en nombre aux maquis de France et d’Europe occidentale. Elle était généralement livrée avec 8 chargeurs pleins contre 4 chargeurs pour les premières livraisons de Sten MK II. Les containers standardisés des derniers mois offraient 300 cartouches par Sten.

 

1944 : La Sten MKS V

Dernière de la famille, la Sten MK V est une Sten de luxe ; elle naquit trop tardivement pour être livrée en quantité aux forces de l’intérieur : elle se cantonna surtout dans son rôle d’arme réglementaire ; elle armait les parachutistes d’Arnheim et servit avec honneur jusqu’à la fin de la guerre de Corée.

La Sten MK V n’est pas autre chose qu’une Sten MK II raffinée avec, à notre humble avis, des inutilités fonctionnelles : une crosse en bois, un canon façonné avec des ergots destinés à accrocher la baïonnette-clou du fusil Lee-Enfield, un guidon avec ses oreilles de protection provenant du même fusil. Ceci très certainement pour faire excuser la laideur des modèles précédents et pour donner au soldat une arme d’un aspect plus décent.

Une troisième modification, beaucoup plus valable en théorie, consista à adapter, sur le radiateur entourant le canon, une poignée avant en bois. La modification était séduisante car elle résolvait les difficultés rencontrées dans la mise en main de la Sten MK II. Sans aucun doute, une Sten MK V offre une excellente mise en main, parfaitement équilibrée, et enlève toute tentation de tenir l’arme par le chargeur, tentation trop forte avec la Sten MK II pour pouvoir être interdite par un règlement.

Malheureusement, cette poignée-avant se révéla fragile à l’usage ; d’autre part, elle favorisait un dévissage intempestif du canon : un choc contre la poignée pouvant entraîner le dégagement de l’ergot de blocage du canon sur la carcasse. Sur les derniers modèle de Sten MK V la poignée avant fut purement et simplement supprimée.

La Sten MK V marque l’apogée de la grande famille des Sten. Après elle, il n’y avait plus rien à attendre d’une famille d’armes conçues dans la période exceptionnelle de danger que constituait le mois de juin 1940 pour l’avenir du monde libre. La Sten MK V resta le pistolet mitrailleur réglementaire des forces britanniques jusqu’en 1953, date officielle de l’adoption d’un nouveau modèle de P.M. qui ne devait plus rien aux conditions extrêmes qui avaient prévalu lors de la naissance d’une des armes les plus représentatives du dernier conflit, d’une des armes qui avait gagné la Seconde Guerre mondiale.

 

Les Sten silencieuses

Les armes à silencieux avaient été jusqu’alors d’un usage exceptionnel et leur fabrication réduite à quelques exemplaires. Les Anglais, en raison de la « guerre de Peaux-Rouges » (selon l’expression de la propagande allemande) qu’ils étaient amenés à entreprendre contre le continent  entre 1940 et 1944, durent étudier un matériel adéquat pour ce type d’opérations. Leur arsenal silencieux comprenait notamment : des pistolets spéciaux du type « pompe à vélo » en calibre 7,65 mm ou 9 mm parabellum, des pistolets automatiques américains 22 LR modifiés, des carabines spéciales en calibre .45 Colt et enfin des pistolets mitrailleurs Sten du type MK II ou MK V à canons raccourcis, à l’extrémité desquels avaient été fixés de longs silencieux. Ces armes ainsi modifiées prirent respectivement la dénomination de Sten MK II S et de Sten MK VI. Elles furent couramment utilisées, non seulement pour les opérations « illégales » du S.O.E. ou du MI-6, mais aussi au cours de nombreuses opérations de commandos menées par les « bérets verts » de la marine, tant sur le théâtre d’opérations européen qu’en Extrême-Orient.

Nous pouvons citer entre autre : parmi les opérations « légales », l’opération « Frankton » de 1942 au cours de laquelle 12 hommes des Royal Marines, débarqués à l’embouchure de la Gironde à 20 miles au sud de Cordouan par le sous-marin « Tuna », remontèrent l’estuaire avec six canoës et placèrent des mines magnétiques contre les navires à quai, coulant ou endommageant six navires. Deux Sten MK II S faisaient partie de l’expédition.

Parmi les opérations « illégales » du S.O.E., citons par exemple les raids contre les navires japonais, ancrés à Singapour, en octobre 1944. L’armement des saboteurs comprenait, outre leurs engins de destruction, un lot important de Sten silencieuses.

On rapporte que l’Allemand Skoczeni, qui avait flairé l’arme hors du commun, tenta d’intéresser l’état-major allemand aux pistolets mitrailleurs Sten et à leur version silencieuse en particulier. Il semble que ses conseils restèrent lettre morte jusqu’aux derniers mois de la guerre, moment où ce qui restait de l’industrie allemande se mit à produire des copies exactes ou légèrement modifiées de la Sten MK II. Mais il était trop tard pour qu’une série importante pût être sortie avant la capitulation du IIIe Reich.

 

La Sten et l’armée suisse

Après la deuxième guerre mondiale, la Suisse se procura un stock important de Sten MK II. Ces Sten ne furent jamais remises à la troupe et restèrent dans les réserves de guerre. En 1962, les Sten MK II furent détruites.

 

 

FICHE TECHNIQUE

Pistolets mitrailleurs britanniques Sten.

Fonctionnement à culasse-percutante non calée. Tir culasse ouverte.

Armes à tir sélectif.

Calibre : 9 mm parabellum.

Capacité maximale des chargeurs (alimentation à voie unique) : 32 cartouches

Cadence théorique du tir : 550/600 coups minute.

Système de visée : dioptre fixe pour le tir à 100 yards

Poids et dimensions ; poids moyen chargé : 3,9 kg (4,5 kg pour la MK V).

Longueur totale :

  • MK I : 0.895 m
  • MK I* : 0.794 m
  • MK II : 0.762 m
  • MK III : 0.762 m
  • MK V : 0.762 m
  • MK II S : 0.932 m

 

Longueur du canon: 198 mm (7,8 pouces). Pour les armes à silencieux, la longueur du canon était réduite à 92 mm (3,6 pouces).

Nombre de rayures : 6 ou 2 à droite

Propriétés balistiques :

  • vitesse initiale : 365 m/s ;
  • énergie à la bouche : 60 kgm.

Pour les armes à silencieux, la vitesse initiale était réduite à 250-300 m/s. Avec une énergie à la bouche voisine de 40 Kgm.

Cartouches utilisées : 9 mm parabellum standard (toutes les cartouches convenaient, qu’elles soient de fabrication alliée ou ennemie) :

  • 9 mm à balle Dum-Dum
  • 9 mm « silent-load » à charge réduite pour les armes silencieuses (à utiliser au coup par coup).

Finition des armes : peinture noire au four le plus généralement, parfois parkérisation ou bronzage.

Pierre Lorain

Batterie canons 15,2 cm HÄLSINGBORG (Suède)

Lors d’un voyage effectué en juillet 2010, nous avons eu l’occasion de visiter cette superbe batterie côtière suédoise, implantée au point le plus étroit du détroit séparant la Suède et le Danemark.  Elle comprend 4 pièces de 15,2 cm m/40 Bofors  (1935) sous casemates et se trouve quelques kilomètres en arrière de la ville portuaire d’Hälsingborg qui constitue la porte d’entrée de la Suède lorsqu’on vient par ferry du continent.

Cette batterie remonte au début de la seconde guerre mondiale (1940). Elle a été construite en toute hâte par la Suède neutre pour contrôler l’étroit bras de mer qui sépare Hälsingborg (Suède) d’Helsingør (Danemark), suite à l’occupation du Danemark et de la Norvège par les Allemands en avril 1940. Sa mission était de battre l’unique passage maritime contrôlant l’entrée et la sortie de mer Baltique. Cet étroit bras de mer (moins d’un kilomètre au point le plus étroit) constituait un passage obligé pour les unités de la Kriegsmarine stationnées dans les ports de Kiel, Lübeck ou Dantzig pour gagner la Mer du Nord et l’Atlantique.

La portée considérable de la batterie (24 km) permettait également de battre la côte danoise située de l’autre côté de l’étroit bras de mer, où les Allemands avaient installés des pièces.

La pièce pèse 29 tonnes avec le mécanisme et la plateforme de chargement (9,8 tonnes pour le tube). L’obus pesait 46 kg. La cadence de tir normale était de 3 coups à la minute, mais pouvait atteindre 4 à 5 coups en cas de feu de série intensif.

Dispersées sur un vaste périmètre, les 4 pièces sont protégée sous casemate et possèdent chacune un bunker souterrain abritant le logement de l’équipage et une soute à munitions.

La batterie fut déclassée par la Suède en 1991 et définitivement abandonnée en 1992. Elle a été rachetée en 1997 par Johan Andrée, un Suédois passionné d’histoire militaire, qui l’a transformé en musée après cinq ans de remise en état et de pénibles travaux de restauration. Ouverte au public toute l’année, elle est englobée depuis 1997 dans le  « Beredskap Museet », superbement tenu par Johan Andree et sa délicieuse épouse.

Si vous passez dans la région, n’oubliez pas d’y faire un petit détour car, outre la batterie proprement dite, le musée présente un large éventail d’armes, de canons et de véhicules de toute sorte, ainsi qu’une petite exposition sur la Suède durant la seconde guerre mondiale…

Caractéristiques techniques de la batterie

 

Armement 4 x 15,2 cm Bofors m/40 (1935) sur affût m/34
Construction 1940
Poids total de la pièce 29 tonnes
Poids du canon 9,8 tonnes (avec le mécanisme de pointage)
Longueur du tube 8,6 m
Portée 24 km
Cadence de tir normale 3 coups/minute
Cadence de tir max. 4 – 5 coups/minute
Recul 40 – 50 cm
Projectile Stàlgranat m/1940
Poids de l’obus 46 kg

La mitrailleuse Gattling – Suisse

La mitrailleuse Gattling est un « immense revolver » composé de six canons  de calibre 13 mm (pour le modèle le plus connu ; des modèles comportant entre 4 et 10 canons furent également utilisés) de très fort calibre, animés d’un mouvement par une manivelle tournée par un des servants, et qui passent successivement devant un percuteur. Les canons pivotent autour de l’axe central. Le chargement est assuré à l’aide d’une caisse d’alimentation placée sur le dessus du distributeur.

Cette arme fut brevetée par Gatling, en 1862. Elle fut fabriquée jusqu’au début du XXe siècle, par de nombreux fabricants ou arsenaux et dans de très nombreuses versions.

Nous ne connaissons pas si cette arme a été en dotation dans l’armée suisse ou si les quelques pièces qui sont encore visible sont des pièces destinées à des essais.

 

Forteresse de Munkholmen dans le Trondheimsfjord devant Trondheim (Norvège)

Munkholmen (« île des moines » en norvégien) est un îlot situé au nord du port de Trondheim, dans le Trondheimsfjord. Au cours de l’histoire, l’îlot a successivement servi de lieu d’exécution, de monastère, de forteresse, de prison et même, durant la seconde guerre mondiale, de station de défense anti-aérienne. De nos jours, il s’agit simplement d’un lieu de détente et de tourisme.

La construction d’un fort débute sur l’île en 1658. La construction est achevée en 1661. Le fort est alors également utilisé comme prison. Le comte Peder Griffenfeld, le plus célèbre des prisonniers de Munkholmen, y est transféré en provenance de la forteresse de Copenhague en 1671. Griffendeld reste emprisonné à Munkholmen pendant dix-huit années. Le fort reste en activité jusqu’en 1893

Les troupes allemandes envahissent la Norvège en 1940. Après la prise de Trondheim au début de la campagne, les Allemands y établissent rapidement une base sous-marine nommée Dora, exploitant la protection naturelle apportée par le fjord. À cette époque, l’îlot de Munkholmen est équipé de batteries de défense antiaérienne. Une grande partie du fort sert d’entrepôt pour les munitions. La présence nazie dure jusqu’à la fin de la guerre en mai 1945. On peut encore trouver des traces de cette occupation sur les niveaux supérieurs du fort.

Après la 2ème guerre mondiale, la marine norvégienne équipa l’ile de tourelle de 10,5 cm qui peuvent être visitées et sont encore en bon état.

 

Ouvrage de la Ferté (Ardennes)

C’est un petit édifice dédié à l’infanterie, comptant deux blocs reliés entre eux par une galerie souterraine. Ce petit fort sans grande puissance de feu (des mitrailleuses, des fusils mitrailleurs, des goulottes lance-grenade et quelques canons antichar de petit calibre), fut longé par le nord, puis pilonné par plus de 250 canons allemands. Il ne bénéficia pas de l’appui des deux casemates censées l’épauler, équipées de canons de 75 mm mais prématurément abandonnées. Durant la nuit du 18 au 19 mai 1940, il fut attaqué par l’ouest alors qu’il était conçu pour se défendre contre des attaques venant du nord et de l’est.

Villy étant pris, les Allemands peuvent préparer l’attaque de l’ouvrage. Le général Karl Weisenberger, qui commande la 71e division allemande, ordonne que l’assaut soit lancé le plus rapidement possible, craignant qu’une contre-attaque française vienne dégager l’ouvrage. Pendant ce temps, l’ouvrage de la Ferté est pris à partie par l’artillerie allemande à partir de 18 h. Les assaillants ont réuni de gros moyens d’artillerie, près de 250 canons dont quatre redoutables pièces de 88 mm qui s’en prennent aux cloches du bloc 2 en tir direct et des mortiers lourds de 210 mm.

Pendant cette préparation d’artillerie, le réseau de barbelés et celui de rails sont très endommagés. Un créneau de la cloche GFM du bloc 2 est touché : les trois hommes qui se trouvent là sont tués sur le coup. La tourelle AM à éclipse reste bloquée en position intermédiaire après son utilisation pour faire de l’observation : il est impossible de la redescendre. Aucun tir d’artillerie français d’« épouillage » n’est effectué à ce moment-là sur l’ouvrage malgré la présence à distance de l’infanterie allemande. Les pionniers (génie militaire allemand) attaquent à 19 h 20, aidés par la fumée et par les trous d’obus. Ils parviennent sur les dessus du bloc 2 dont les cloches sont neutralisées par des charges explosives placées contre les créneaux. Une charge très puissante est plaquée contre la muraille de la tourelle. À la suite de l’explosion, la tourelle se retrouve en porte-à-faux (état actuel) et les Allemands peuvent alors lancer des grenades et autres charges explosives à l’intérieur du bloc qui entraînent une quasi-panique chez les défenseurs. Des incendies se déclarent et les hommes gagnent les dessous, la galerie de liaison souterraine. Mais les portes formant un sas, censées isoler le bloc 2 et la galerie, ne sont pas fermées, permettant aux fumées nocives d’envahir progressivement la galerie.

Une contre-attaque française, menée par deux bataillons de la 6e DI soutenus par dix chars lourds B1-bis de la 3e DCR, est lancée en vain depuis le bois du Ligant (à Olizy-sur-Chiers) à la suite de l’incapacité de l’infanterie de progresser. Sans succès. Le 18 mai à 22 h 30, les Allemands se lancent à l’assaut du bloc 1. Les cloches sont neutralisées. Conscient de la gravité de la situation, le lieutenant Bourguignon demande plusieurs fois à ses supérieurs à pouvoir donner l’ordre d’évacuation à son équipage. Mais ceux-ci lui imposent de continuer le combat et interdisent toute évacuation et toute capitulation tant qu’il lui reste des armements actifs. Peu à peu, les fumées dégagées par les multiples incendies se propagent dans tout l’ouvrage et les hommes doivent porter leur masque à gaz en permanence. Une grande partie de l’équipage du bloc 1 se réfugie également dans la galerie souterraine, retrouvant dans ce lieu exigu leurs camarades du bloc 2. Les cartouches de masque anti-gaz manquent progressivement et ne sont pas adaptés à la situation.  La galerie souterraine n’a pas été non plus conçue pour constituer un abri. Elle est trop étroite et sans ventilation autonome. L’asphyxie fait son œuvre sur les hommes cramponnés aux câbles téléphoniques. Le lieutenant Bourguignon gagne difficilement sa chambre et s’affale sur son bureau. Au matin du 19 mai, des fumées sont visibles au-dessus de l’ouvrage. Il n’y a plus aucun survivant à l’intérieur.

Après la chute de l’ouvrage, les Allemands cherchent à y pénétrer mais les gaz toxiques les en empêchent. Les corps des soldats français ne sont sortis qu’au début du mois de juin. C’est dans la galerie de liaison entre les deux blocs et la partie souterraine que l’on retrouve la majeure partie des corps. Ils sont enterrés dans la fosse commune de Villy. En 1941, un cimetière provisoire est aménagé dans le village de Villy avec l’accord des autorités occupantes mais les corps de Bourguignon et de plusieurs hommes manquent à l’appel. Ils ne sont retrouvés qu’en 1973 devant le bloc 2 : ils avaient été inhumés dans les entonnoirs creusés par les obus.

Les noms des 106 membres de l’équipage sont inscrits de chaque côté du monument aux morts construit en 1949. Aujourd’hui, une bonne partie de l’équipage repose dans un petit cimetière militaire aménagé au début des années 1960 face au monument commémoratif. L’ouvrage a fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 16 mai 1980

 

Ouvrage de la Ferté (Ardennes)

C’est un petit édifice dédié à l’infanterie, comptant deux blocs reliés entre eux par une galerie souterraine. Ce petit fort sans grande puissance de feu (des mitrailleuses, des fusils mitrailleurs, des goulottes lance-grenade et quelques canons antichar de petit calibre), fut longé par le nord, puis pilonné par plus de 250 canons allemands. Il ne bénéficia pas de l’appui des deux casemates censées l’épauler, équipées de canons de 75 mm mais prématurément abandonnées. Durant la nuit du 18 au 19 mai 1940, il fut attaqué par l’ouest alors qu’il était conçu pour se défendre contre des attaques venant du nord et de l’est.

Villy étant pris, les Allemands peuvent préparer l’attaque de l’ouvrage. Le général Karl Weisenberger, qui commande la 71e division allemande, ordonne que l’assaut soit lancé le plus rapidement possible, craignant qu’une contre-attaque française vienne dégager l’ouvrage. Pendant ce temps, l’ouvrage de la Ferté est pris à partie par l’artillerie allemande à partir de 18 h. Les assaillants ont réuni de gros moyens d’artillerie, près de 250 canons dont quatre redoutables pièces de 88 mm qui s’en prennent aux cloches du bloc 2 en tir direct et des mortiers lourds de 210 mm.

Pendant cette préparation d’artillerie, le réseau de barbelés et celui de rails sont très endommagés. Un créneau de la cloche GFM du bloc 2 est touché : les trois hommes qui se trouvent là sont tués sur le coup. La tourelle AM à éclipse reste bloquée en position intermédiaire après son utilisation pour faire de l’observation : il est impossible de la redescendre. Aucun tir d’artillerie français d’« épouillage » n’est effectué à ce moment-là sur l’ouvrage malgré la présence à distance de l’infanterie allemande. Les pionniers (génie militaire allemand) attaquent à 19 h 20, aidés par la fumée et par les trous d’obus. Ils parviennent sur les dessus du bloc 2 dont les cloches sont neutralisées par des charges explosives placées contre les créneaux. Une charge très puissante est plaquée contre la muraille de la tourelle. À la suite de l’explosion, la tourelle se retrouve en porte-à-faux (état actuel) et les Allemands peuvent alors lancer des grenades et autres charges explosives à l’intérieur du bloc qui entraînent une quasi-panique chez les défenseurs. Des incendies se déclarent et les hommes gagnent les dessous, la galerie de liaison souterraine. Mais les portes formant un sas, censées isoler le bloc 2 et la galerie, ne sont pas fermées, permettant aux fumées nocives d’envahir progressivement la galerie.

Une contre-attaque française, menée par deux bataillons de la 6e DI soutenus par dix chars lourds B1-bis de la 3e DCR, est lancée en vain depuis le bois du Ligant (à Olizy-sur-Chiers) à la suite de l’incapacité de l’infanterie de progresser. Sans succès. Le 18 mai à 22 h 30, les Allemands se lancent à l’assaut du bloc 1. Les cloches sont neutralisées. Conscient de la gravité de la situation, le lieutenant Bourguignon demande plusieurs fois à ses supérieurs à pouvoir donner l’ordre d’évacuation à son équipage. Mais ceux-ci lui imposent de continuer le combat et interdisent toute évacuation et toute capitulation tant qu’il lui reste des armements actifs. Peu à peu, les fumées dégagées par les multiples incendies se propagent dans tout l’ouvrage et les hommes doivent porter leur masque à gaz en permanence. Une grande partie de l’équipage du bloc 1 se réfugie également dans la galerie souterraine, retrouvant dans ce lieu exigu leurs camarades du bloc 2. Les cartouches de masque anti-gaz manquent progressivement et ne sont pas adaptés à la situation.  La galerie souterraine n’a pas été non plus conçue pour constituer un abri. Elle est trop étroite et sans ventilation autonome. L’asphyxie fait son œuvre sur les hommes cramponnés aux câbles téléphoniques. Le lieutenant Bourguignon gagne difficilement sa chambre et s’affale sur son bureau. Au matin du 19 mai, des fumées sont visibles au-dessus de l’ouvrage. Il n’y a plus aucun survivant à l’intérieur.

Après la chute de l’ouvrage, les Allemands cherchent à y pénétrer mais les gaz toxiques les en empêchent. Les corps des soldats français ne sont sortis qu’au début du mois de juin. C’est dans la galerie de liaison entre les deux blocs et la partie souterraine que l’on retrouve la majeure partie des corps. Ils sont enterrés dans la fosse commune de Villy. En 1941, un cimetière provisoire est aménagé dans le village de Villy avec l’accord des autorités occupantes mais les corps de Bourguignon et de plusieurs hommes manquent à l’appel. Ils ne sont retrouvés qu’en 1973 devant le bloc 2 : ils avaient été inhumés dans les entonnoirs creusés par les obus.

Les noms des 106 membres de l’équipage sont inscrits de chaque côté du monument aux morts construit en 1949. Aujourd’hui, une bonne partie de l’équipage repose dans un petit cimetière militaire aménagé au début des années 1960 face au monument commémoratif. L’ouvrage a fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 16 mai 1980

 

Ouvrage de la Ferté (Ardennes)

C’est un petit édifice dédié à l’infanterie, comptant deux blocs reliés entre eux par une galerie souterraine. Ce petit fort sans grande puissance de feu (des mitrailleuses, des fusils mitrailleurs, des goulottes lance-grenade et quelques canons antichar de petit calibre), fut longé par le nord, puis pilonné par plus de 250 canons allemands. Il ne bénéficia pas de l’appui des deux casemates censées l’épauler, équipées de canons de 75 mm mais prématurément abandonnées. Durant la nuit du 18 au 19 mai 1940, il fut attaqué par l’ouest alors qu’il était conçu pour se défendre contre des attaques venant du nord et de l’est.

Villy étant pris, les Allemands peuvent préparer l’attaque de l’ouvrage. Le général Karl Weisenberger, qui commande la 71e division allemande, ordonne que l’assaut soit lancé le plus rapidement possible, craignant qu’une contre-attaque française vienne dégager l’ouvrage. Pendant ce temps, l’ouvrage de la Ferté est pris à partie par l’artillerie allemande à partir de 18 h. Les assaillants ont réuni de gros moyens d’artillerie, près de 250 canons dont quatre redoutables pièces de 88 mm qui s’en prennent aux cloches du bloc 2 en tir direct et des mortiers lourds de 210 mm.

Pendant cette préparation d’artillerie, le réseau de barbelés et celui de rails sont très endommagés. Un créneau de la cloche GFM du bloc 2 est touché : les trois hommes qui se trouvent là sont tués sur le coup. La tourelle AM à éclipse reste bloquée en position intermédiaire après son utilisation pour faire de l’observation : il est impossible de la redescendre. Aucun tir d’artillerie français d’« épouillage » n’est effectué à ce moment-là sur l’ouvrage malgré la présence à distance de l’infanterie allemande. Les pionniers (génie militaire allemand) attaquent à 19 h 20, aidés par la fumée et par les trous d’obus. Ils parviennent sur les dessus du bloc 2 dont les cloches sont neutralisées par des charges explosives placées contre les créneaux. Une charge très puissante est plaquée contre la muraille de la tourelle. À la suite de l’explosion, la tourelle se retrouve en porte-à-faux (état actuel) et les Allemands peuvent alors lancer des grenades et autres charges explosives à l’intérieur du bloc qui entraînent une quasi-panique chez les défenseurs. Des incendies se déclarent et les hommes gagnent les dessous, la galerie de liaison souterraine. Mais les portes formant un sas, censées isoler le bloc 2 et la galerie, ne sont pas fermées, permettant aux fumées nocives d’envahir progressivement la galerie.

Une contre-attaque française, menée par deux bataillons de la 6e DI soutenus par dix chars lourds B1-bis de la 3e DCR, est lancée en vain depuis le bois du Ligant (à Olizy-sur-Chiers) à la suite de l’incapacité de l’infanterie de progresser. Sans succès. Le 18 mai à 22 h 30, les Allemands se lancent à l’assaut du bloc 1. Les cloches sont neutralisées. Conscient de la gravité de la situation, le lieutenant Bourguignon demande plusieurs fois à ses supérieurs à pouvoir donner l’ordre d’évacuation à son équipage. Mais ceux-ci lui imposent de continuer le combat et interdisent toute évacuation et toute capitulation tant qu’il lui reste des armements actifs. Peu à peu, les fumées dégagées par les multiples incendies se propagent dans tout l’ouvrage et les hommes doivent porter leur masque à gaz en permanence. Une grande partie de l’équipage du bloc 1 se réfugie également dans la galerie souterraine, retrouvant dans ce lieu exigu leurs camarades du bloc 2. Les cartouches de masque anti-gaz manquent progressivement et ne sont pas adaptés à la situation.  La galerie souterraine n’a pas été non plus conçue pour constituer un abri. Elle est trop étroite et sans ventilation autonome. L’asphyxie fait son œuvre sur les hommes cramponnés aux câbles téléphoniques. Le lieutenant Bourguignon gagne difficilement sa chambre et s’affale sur son bureau. Au matin du 19 mai, des fumées sont visibles au-dessus de l’ouvrage. Il n’y a plus aucun survivant à l’intérieur.

Après la chute de l’ouvrage, les Allemands cherchent à y pénétrer mais les gaz toxiques les en empêchent. Les corps des soldats français ne sont sortis qu’au début du mois de juin. C’est dans la galerie de liaison entre les deux blocs et la partie souterraine que l’on retrouve la majeure partie des corps. Ils sont enterrés dans la fosse commune de Villy. En 1941, un cimetière provisoire est aménagé dans le village de Villy avec l’accord des autorités occupantes mais les corps de Bourguignon et de plusieurs hommes manquent à l’appel. Ils ne sont retrouvés qu’en 1973 devant le bloc 2 : ils avaient été inhumés dans les entonnoirs creusés par les obus.

Les noms des 106 membres de l’équipage sont inscrits de chaque côté du monument aux morts construit en 1949. Aujourd’hui, une bonne partie de l’équipage repose dans un petit cimetière militaire aménagé au début des années 1960 face au monument commémoratif. L’ouvrage a fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 16 mai 1980

 

FLIEGERFAUST / LUFTFAUST – lance roquette antiaérien

Le « Fliegerfaust » (coup-de-poing antiaérien), également appelé « Luftfaust », est une invention allemande qui date de la fin de la seconde guerre mondiale. C’est le tout premier lance-roquettes antiaérien qui ait été spécifiquement conçu pour doter les fantassins d’une défense propre contre la menace venant du ciel. A ce titre, le Fliegerfaust peut donc être considéré comme l’ancêtre du lance-missiles américain actuel FIM-92 STINGER.

Historique

Cette arme a été développée en 1944 à la demande expresse de Hitler par la société allemande HASAG (Hugo Schneider AG) de Leipzig. Son intention était de réaliser une arme similaire au Panzerfaust (lance-roquettes anti-char) mais avec un usage anti-aérien. Le but était de doter l’infanterie d’une arme antiaérienne efficace, légère et peu encombrante, pour pouvoir se défendre contre les avions d’attaque au sol et les chasseurs bombardiers qui harcelaient alors la Wehrmacht sur tous les fronts.

Une commande pour 10 000 lanceurs et 4 millions de munitions fut passée. Dans les faits, seuls  80 lanceurs furent effectivement livrés dans les derniers jours de janvier 1945 à une unité de la Wehrmacht de Sarrebruck pour des essais pratiques sur le terrain.

Description et emploi

Cette arme, extrêmement simple et robuste, était constituée de deux parties principales : le lanceur, comportant 9 tubes groupés concentriquement, et le magasin de neuf roquettes. Chaque roquette avait un diamètre de 20 mm, pesait 90 g et possédait une tête explosive de 19 grammes.

Le chargement se faisait par l’arrière, en introduisant le magasin de neuf roquettes. Pour armer, le tireur comprimait un ressort sur le tube de poussée au moyen d’un taquet métallique avec sa main droite tout en maintenant la poignée de mise à feu de sa main gauche. Lorsqu’il pressait sur la détente, le ressort libérait le tube de poussée qui venait violemment percuter un générateur. Sous le choc, ce dernier produisait une impulsion électrique qui était transmise à l’arrière des roquettes par un câble électrique. Le combustible des projectiles s’enflammait. Deux salves espacées de 0,2 seconde étaient lancées, une première de cinq roquettes, puis une autre de quatre roquettes. Ce décalage avait pour but de réduire les vibrations de l’arme et d’augmenter la zone de dispersion des projectiles (60 m pour une portée de 500 m) pour garantir une meilleure chance de toucher. Les projectiles quittaient le tube à une vitesse de 350 mètres / seconde. La portée était de l’ordre de 300 à 500 mètres.

  • Longueur du lanceur : 140 cm
  • Poids avec magasin chargé : 6 5 kg
  • Diamètre des roquettes : 20 mm
  • Longueur de la chambre : 250 mm
  • Mise à feu : électrique
  • Vitesse initial du projectile : 350 m/s
  • Portée : 300 à 500 m

 

 

Canon de position 10,5 cm Ord 1881 ($uisse)

Constructeur:                                    Krupp, Essen

Année de fabrication:                       1881

Poids de pièce                                   1170 kg

Calibre:                                            10,5 cm

Longueur du tube:                          32 calibres = 336 cm

Tube:                                               32 rayures progressives

Affût:                                                métallique

Portée:                                             maximum 10’000 m