Situé près de la pointe de Penhir, sur la péninsule de Crozon (Finistère), la batterie côtière de Kerbronn avait pour mission de compléter le dispositif de défense en avant du goulet de la rade de Brest, pour gêner l’approche des navires de surface cherchant à pénétrer dans la rade.
La première batterie française pour mortiers
La première batterie de Kerbronn, dont il subsiste de nombreux vestiges, est construite vers 1890 par la marine française sur un site vierge, à l’aplomb du bord de la falaise dominant la mer d’Iroise. Elle comprenait 3 plateformes de tir à ciel ouvert, prévue pour des mortiers, communiquant sur l’arrière avec un boyau de circulation creusé à même le roc. Cette première batterie était complétée par un magasin à poudre et un casernement souterrains. Certaines constructions sont réalisées avec un tout nouveau matériau : le béton.
Dans les années 1920, l’état-major de la Marine y installe une nouvelle batterie de canons, constituée de 4 pièces de 164,7 mm sur affût de marine en encuvements palplanches. Elle protège de ses feux l’entrée ouest de la rade et son approche, grâce à un télémètre stéréoscopique de 3,20 m de long placé dans une petite cuve au ras de la falaise.
La batterie allemande
Dès 1940, l’ancienne batterie française est réutilisée par les Allemands pour renforcer les défenses de Brest où l’occupant installe l’une des 5 nouvelles bases de U-Boot de l’Atlantique. Les Allemands réarment la batterie de Kerbronn et couvrent les 4 canons de 164,7 mm de casemates en béton armé type M270/.SK afin de les protéger contre les attaques aériennes. Quatre casemates type H 622, tirant en sens opposé et armées chacune d’une pièce de 75 mm C/97 Schneider, sont accolées à ces casemates pour défendre le périmètre de la batterie face à l’intérieur des terres. La position est complétée par un Leitstand à deux niveaux (type M 162a) servant de poste de direction de tir contre les buts maritimes. La troupe est cantonnée dans 4 cinq abris H 622 – H 656 ainsi que dans l’ancien casernement souterrain français que complète une casemate en béton armé H 638 sevant de poste de premier secours pour les blessés légers.
La défense rapprochée du périmètre, en cas d’attaque depuis la terre, repose en grande partie sur les 4 pièces de 75 mm C/97 sous casemates, mais aussi sur 3 canons antiaériens de 75 mm modèle 1932 et sur une demi-douzaine de Ringstand pour LMG 34. Enfin, pour le tir de nuit, un observatoire équipé d’un projecteur assure l’éclairage de la position face au large.
En septembre 1944, la batterie de Kerbronn ne jouera pratiquement aucun rôle dans les combats pour la libération de la presqu’île de Crozon. Elle constitue aujourd’hui l’une des plus belles batteries que l’on puisse visiter sur les côtes du Finistère breton. Un petit musée a été ouvert dans l’une des casemate M 270/.SK, en bordure de la route conduisant à la pointe de Penhir.
- Casemates type H 622 armées chacune d’une pièce de 75 mm C/97 Schneide
- L’une des 4 casemates M 270 SK de la batterie
- Le niveau supérieur du Leitstand
- Le Leitstand utilisé par les Allemands comme poste de conduite de tir
- L’arrière du Leitstand, avec les accès pour les deux niveaux
- un Leitstand à deux niveaux (type M 162a) servant de poste de direction de tir contre les buts maritimes
- un Leitstand à deux niveaux (type M 162a) servant de poste de direction de tir contre les buts maritimes
- Casemates type H 622 armées chacune d’une pièce de 75 mm C/97 Schneide
- La pointe de Penhir, le Leitstand et l’ancien boyau de la première batterie
- Batteerie allemande
- L’une des 4 pièces de 164,7 mm devant le petit musée de la batterie
- Casemates type H 622 armées chacune d’une pièce de 75 mm C/97 Schneide et au premier plan ancien fort
- Bâtiment de l’ancien fort
- Plateformes de tir à ciel ouvert, prévue pour un mortier communiquant sur l’arrière avec un boyau de circulation creusé à même le roc
- Vestiges de la première batterie française pour mortiers (vers 1890)
- Bâtiment de la première batterie
- Leitstand à deux niveaux (type M 162a) servant de poste de direction de tir contre les buts maritimes