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[v11] Les origines du V1 [3]
Le projet « ERFURT »
| 24 avril 1930 | L'Allemand Paul Schmidt, ingénieur en dynamique des fluides, dépose un brevet pour un pulsoréacteur baptisé SR 500, développant 450 kg de poussée. Il obtient aussitôt l'aide financière du DEUTSCHE VERSUCHSANSTALT FÜR LUFTFAHRT (DVL) pour développer un projet de torpille volante de 7,15 m de longueur, 3,12 m d'envergure, capable de voler à 800 km/h. |
| 1930 - 1939 | Les recherches de Paul Schmidt sur le pulsoréacteur progressent à grands pas mais son projet de torpille volante n'aboutit pas. L'idée est reprise par l'équipe de recherches de ARGUS MOTOREN Gmbh de Berlin, qui travaille elle aussi au développement d'un pulsoréacteur susceptible d'atteindre 700 km/h, sous la direction des ingénieurs Fritz Gossau et Günther Diedrich. |
| 1939 | Pour résoudre l'épineux problème de la maîtrise et de la canalisation de l'énorme puissance fournie par leur pulsoréacteur, ARGUS décide finalement d'intégrer le professeur Schmidt à l'équipe de recherches de Fritz Gossau et Günther Diedrich. |
| 9 sept. 1939 | ARGUS présente au Reichsluftfahrtministerium (RLM) un projet de torpille volante dans le cadre du programme ARGUS FERNFEUER (tir à distance). L'engin, baptisé simplement LUFTTORPEDO, est prévu avec 3 variantes: Les versions 1 et 2 projetées devraient être équipées d'une hélice développant 500 ch à 5 000 mètres, capable d'emporter une charge de 1 tonne à une vitesse de croisière espérée de 700 km/h. La version 3 serait munie d'un pulsoréacteur type As 410 fournissant 150 kg de poussée pour une vitesse espérée de 750 km/h.
Le guidage de la bombe se ferait, pour les 3 versions, à partir d'un avion d'accompagnement développé dans ce but par la firme ARADO. Le déclenchement de la guerre en mai 1940 mit un terme à ce projet, vu les nouvelles priorités. |
| Mai 1940 | Le déclenchement de la seconde guerre mondiale entraîne l'abandon du projet « ERFURT », vu les nouvelles priorités dictées par les nécessités militaires. |
Le projet « ERFURT P.35»
| Mai 1940 | Abandon du projet « ERFURT », vu les nouvelles priorités dictées par le déclenchement de la seconde guerre mondiale. La société ARGUS décide néanmoins de poursuivre le développement du pulsoréacteur prévu pour la torpille volante, afin d'en augmenter la puissance. |
| 28 avril 1941 | Fonctionnement avec succès d'un premier pulsoréacteur de 120 kgp sous le ventre d'un biplan Gotha Go-145. |
| été 1941 | Les premières tentatives d'essai pour propulser des planeurs DFS 230 avec 2 pulsoéracteurs installés en tandem se heurtent au problème des vibrations causées à la cellule par le fonctionnement des pulsoréacteurs. |
| 1941 | Pour concrétiser ses efforts, la société ARGUS MOTORWERKE décide de s'associer avec la firme FIESELER FLUGZEUGENBAU, de Kassel, en vue de proposer une version viable du projet avorté « ERFURT ». Le nouveau concept, baptisé projet « ERFURT P.35 » vise à concevoir une bombe volante capable d'emporter à 700 km/h une charge tactique de 1 tonne d'explosifs à 300 km de distance. Le dessin de la cellule et la conception de l'engin sont confié à l'ingénieur Robet Lusser, du bureau des projets de la société FIESELER. Il est prévu de tirer le missile au moyen d'une rampe de 25 mètres équipée d'une catapulte fournissant une accélération brutale de 15 G. Le projet initial prévoit une bombe radioguidée (la conception des instruments de radioguidage sont confiés à la firme LORENZ), mais devant les difficultés rencontrées, le projet est simplifié: au lieu d'être radioguidée, la bombe sera simplement équipée d'un pilote automatique, donc autoguidée… |
| 27 juin 1941 | Un document du Reichsluftfahrtministerium, frappée du sceau du secret et signé par le maréchal Udet, présente une première ébauche de la bombe volante. Cette esquisse du projet « ERFURT P.35 » se distingue du futur V1 par des ailes fortement relevées en V et par un empennage doté de deux dérives verticales. |
| mars 1942 | ARGUS intensifie ses recherches commencée en 1940 pour parvenir à finaliser le pulsoréacteur destiné à propulser la torpille volante développée par FIESELER. |
| 27 avril 1942 | Aboutissement final du projet « ERFURT P.35 » . Le concept définitif est propulsé par un pulsoréacteur As 109-014 développant une poussée de 350 kgp. L'engin est officiellement baptisé FIESELER Fi-103, d'après le nom du constructeur aéronautique de la cellule de la bombe volante, conformément au code de nomenclature pratiqué par la Luftwaffe. Il ne prendra le nom de V1 qu'en 1944, sur ordre direct de Hitler, après avoir été rebaptisé FLAKZIELGERÄT-76 (FZG-76) en 1943 |
SOURCES :
Yannick Delefosse, "V1 ARME DU DÉSESPOIR", Editions Lela Presse. Collection Histoire de l’aviation n°18. 2006.
Laurent Bailleul, LES SITES V1 EN FLANDRES ET EN ARTOIS", 2000.
Roland Hautefeuille, "CONSTRUCTIONS SPÉCIALES", 2e édition, 1995.
Pour en savoir plus sur le V1 ou si vous voulez acheter l’excellent livre très fouillé et richement documenté écrit par Yannick Delefosse sur le V1, nous vous conseillons le site internet de Yannick Delefosse : http://v1armedudesespoir.free.fr/
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