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Association Fort de Litroz
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Accueil - Fort Litroz et son dispositif
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[s42]           

  Le dispositif fortifié [9]

L’importance nationale de la forteresse de Saint-Maurice et le nombre incroyable d’ouvrages défensifs construits dans ce secteur entre 1830 et l’an 2000 en font incontestablement l’une des régions les plus densément fortifiées au monde. Plus de la moitié des gros ouvrages de la Région Fortifiée du Bas-Valais y sont en effet concentrés, parmi lesquels le gigantesque complexe souterrain de Savatan-Dailly qui représente, à lui seul, plus d’une quarantaine de kilomètres de galeries et d’installations creusées sous la montagne. Organiquement, le secteur de Saint-Maurice compte quatre gros ouvrages d’artillerie (Savatan, Dailly, Galerie du Scex, Follatères), un gros ouvrage mixte (Cindey) et quatre forts d’infanterie (Vernayaz, Evionnaz, Toveires, Petit-Mont), ces derniers étant couplés avec des positions de barrage renforcées barrant la vallée et interdisant le passage.

A cela s’ajoute d’innombrables bunkers et blockhaus d’infanterie, des barricades et des lignes d’obstacles antichars, des ouvrages minés et des destructions préparées qui permettaient de couper les axes routiers et ferroviaires en de nombreux points pour verrouiller la haute vallée du Rhône, ainsi que diverses infrastructures annexes (casernes, arsenaux, ateliers, dépôts de munitions, de matériel, de carburant…). Ces installations ne forment pas une défense linéaire, mais sont concentrées sur les passages obligés et échelonnées dans la profondeur du territoire, de façon à multiplier les obstacles et les positions de barrage.

Autant dire que la région compris entre Saint-Maurice et Martigny est un véritable gruyère. Cela montre l’importance que la Suisse a toujours accordée à ce passage en tant que verrou des Alpes. A ce titre, Saint-Maurice mérite bien le surnom de « Gibraltar suisse » car la forteresse constituait, avec Sargans et le Gothard, l’une des trois piliers qui sous-tendaient la stratégie opérative de l’armée suisse et le concept du réduit alpin.

On imagine mal la colossale puissance de feu que cela représente, ceci d’autant plus que le secteur de Saint-Maurice est petit et que la profondeur du dispositif est double : à la fois horizontale (par la portée considérable du feu de l’artillerie de forteresse) et verticale, par l’étagement des ouvrages sur les flancs de la vallée (par endroit jusqu’ à près de 3000 mètres d’altitude).

Il est vrai que la Suisse n’a cessé de renforcer les défenses de Saint-Maurice durant près d’un siècle et demi. Cette frénésie défensive, amorcée en 1830 avec l’édification des premières fortifications Dufour sur le défilé, s’est poursuivie jusqu’à la fin de la guerre froide, dans le courant des années 1990, avec la concrétisation du système de forteresse « Bison » de 15,5 cm. Seul la disparition du Mur de Berlin et l’effondrement du Bloc soviétique y ont mis un terme (provisoirement ?), la nature de la menace ayant totalement changé entre-temps. Ceci explique la très grande diversité d’armes, de calibres et d’installations que l’on rencontre à Saint-Maurice et qui se sont succédés au fil du temps, de même que la très grande complexité de certains forts comme Dailly, Savatan ou encore la Galerie du Scex, qui n’ont cessé d’être modifiés, agrandis ou transformés au gré des améliorations techniques et du perfectionnement de l’armement, pour répondre à l’évolution de la menace.

 
 

          
  
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