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Signification du logo de l’Association du Fort de Litroz
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La tour d’argent (blanc)
Le symbole de la tour ou du donjon crénelé, rappelant les fortifications médiévales, a toujours été l’emblème officiel du Corps des Gardes Fortifications (CGF), démantelé en 2000 et qui assurait la gestion et la maintenance des fortifications suisses depuis la Seconde guerre mondiale. Le Fort de Litroz et les fortifications de l’axe du Grand-Saint-Bernard dépendaient de l’Arrondissement Fortifications 13 de Saint-Maurice. Ce sigle (tour dorée sur fond noir) figurait sur l’écusson porté sur le haut de la manche gauche de l’uniforme du CGF. Nous avons conservé la tour emblématique de la fortification, mais opté pour le blanc (argent) afin de nous différencier du CGF.
La montagne azur (bleu) sur fond de sable (noir)
La silhouette pointue représente la face orientale de la Cîme de l’Est qui domine directement le verrou stratégique et la forteresse de Saint-Maurice, face aux forts de Dailly-Savatan, au cœur du dispositif de la Région Fortifiée du Bas-Valais.
Ce sommet aigu, taillé à la hache, est le dernier de la chaîne des Dents du Midi qui en compte sept en tout (La Haute-Cime, Les Doigts, La Dent Jaune, L’Eperon, La Cathédrale, La Forteresse, la Cîme de l’Est). Elle se dresse comme une proue à l’extrémité Est du massif qui semble barrer l’entrée du Valais et de la haute vallée du Rhône, telle la muraille crénelée en dents de scie d’une formidable citadelle de roc gardant l’entrée occidentale du Réduit Alpin et dont les Dents de Morcles seraient le pendant sur l’autre rive du Rhône.
La face vertigineuse de la Cîme de l’Est est l’une des plus verticales et des plus impressionnantes des Alpes. Elle se dresse d’un seul jet sur 2000 m de hauteur au-dessus de la plaine du Rhône (alt. 380 m, pour culminer à 3178 mètres d’altitude.
La couleur bleue rappelle l’aspect minéral et sauvage de cette face sombre, plongée dans l’ombre et le froid une bonne partie de la journée et souvent gelée en mauvaise saison. Les Anciens l’appelaient d’ailleurs communément la « Dent Noire », de sinistre réputation car connue de longue date pour ses laves torrentielles dévastatrices et ses éboulements monstrueux. Si vous voulez l’apercevoir sous son aspect le plus impressionnant, arrêtez vous sur l’une des deux aires de repos du Bois Noir, sur l’autoroute A9 entre Saint-Maurice et Martigny (aire « Bois Noir » en direction de Martigny, aire « Dents de Morcles en direction de Saint-Maurice).
Ici encore, le motif reprend en partie l’emblème officiel de la Division de Montagne 10 qui a succédé à la brigade de montagne 10 et dont l’emblême représentait un chamois de profil se profilant sur la silhouette de la Cîme de l’Est. Ces unités prestigieuses, équivalentes aux Chasseurs Alpins français, étaient chargées de défendre le secteur de Saint-Maurice et l’axe du Grand-Saint-Bernard. Le Fort de Litroz leur était organiquement subordonné.
Quant à la couleur noire du fond du logo, elle évoque l’obscurité permanente qui règne en profondeur au cœur des montagnes suisses, dans lesquelles sont creusés la plupart des fortifications sous roc, dont le Fort de Litroz.
L’écu parti de gueules (rouge) et d’argent (blanc), frappé de 13 étoiles
Ce sont les armoiries séculaires du Valais, la région qui abrite le Fort de Litroz et qui s’étend depuis le glacier du Rhône (massif du Gothard) jusqu’à l’embouchure du fleuve dans le Lac Léman, près du château de Chillon. Cette vallée, la plus longue et la plus grande des Alpes (150 kilomètres) forme un véritable réduit défensif naturel. En effet, elle ne possède qu’un seul accès facile à barrer (le débouché du Rhône au verrou de Saint-Maurice) et elle est totalement enclavée entre les Alpes Valaisannes au sud, les Alpes Bernoises au nord et le Massif du Mont-Blanc à l'ouest. Tous ces massifs fortement englacés culminent à plus de 4000 mètres d’altitude et forment une barrière ininterrompue de glace et de roc ceinturant le Valais.
Le champ parti de blanc et de rouge du drapeau valaisan est inspiré des armoiries de Sion, la capitale, qui reprend elle-même les couleurs traditionnelles du Prince-Evêque qui était, avant 1798, le seigneur temporel et spirituel du Valais et qui avait rang de Prince électeur du Saint-Empire romain-germanique depuis la donation du Valais par l’empereur Charlemagne (Charte dite "La Caroline"). Le Valais a en effet toujours fait partie du Saint-Empire roman-germanique et a été, dès l’origine au 13e siècle, un fidèle allié des Confédérés suisses dans les nombreuses guerres et combats qu’ils menèrent pour leur indépendance et leurs libertés contre les puissances européennes.
Les 13 étoiles symbolisent les 13 « Dizains » ou communautés qui forment le Valais moderne, appelés aujourd’hui districts mais dont l’origine politique, juridique et géographique remonte fort loin dans le Moyen Age. A l’époque, au début du XIIIe siècle, ces fiefs territoriaux contrôlés par l’Evêque de Sion étaient au nombre de 10, d’où le terme « Dixains » (dérivé du français dix), en allemand « Zehnten » (de l’allemand zehn : « dix »). Il s’agissait en fait de communautés bien individualisées et structurées politiquement à l’échelon local, qui avaient chacune leurs représentants désignés, leurs prérogatives, leurs droits et leurs libertés ancestrales, qu’elles défendaient jalousement. Les « Dizains » historiques du XIIIe siècle étaient les suivants : Mons Dei, appelé plus tard Goms (Conches), Brigue (Brig), Viège (Visp), Rarogne (Raron), Loèche (Leuk), Sierre (Siders), Sion (Sitten), Chamoson-Ardon, Martigny (Martinach) et Massongex. En 1235, ces 10 communautés politiques, à l’individualité bien marquée, décidèrent de regrouper et d’unir leurs forces dans une sorte de mini-fédération politique pour défendre juridiquement leurs droits et libertés ancestrales face au pouvoir central de l’Evêque de Sion. On peut donc parler d’une sorte de mini-Confédération valaisanne avant la lettre, dont les représentants désignés par chaque région se réunissaient en cas de nécessité ou de menace pour discuter ensemble des affaires communes et des problèmes du pays, mais qui reconnaissaient néanmoins l’Evêque comme souverain légitime de la contrée, même si l’instauration de la Diète constituait de facto une sorte de contre-pouvoir pour contrebalancer l’omnipotence de l’Evêque. A partir de 1384, le nombre de dizains passe de 10 à 7, suite à un échange de territoires entre l’Evêque de Sion et le Comte de Savoie visant à supprimer les enclaves que chacun possédait au milieu des territoires de l’autre dans la vallée supérieure du Rhône. Le Comte cède à l’Evêque de Sion ses fiefs de Mörel (Rarogne oriental), Binn, Sankt-Niklaus, Châtillon (Niedergesteln), Lötschental et Ayent qu’il possédait dans le Haut Valais, majoritairement épiscopal. En contrepartie, l’Evêque renonce aux trois « Dixains » de Martigny, Chamoson-Ardon et Massongex, enclavés dans les possessions de la Savoie dans le Bas-Valais, qui sont érigés en Châtelainie par le Comte de Savoie, mais dont les communautés conservent leurs privilèges, droits et libertés ancestrales. D’un commun accord, pour mettre un terme aux luttes séculaires qui les opposaient pour le contrôle du Valais, le Comte et l’Evêque fixent par traité la limite entre leurs possessions à la Morge de Conthey, en aval de Sion. Cette réduction des « Dixains » historique de 10 à 7 donnera par la suite naissance à la République des Septs Dizains au 17e siècle, les trois anciens « Dixains » du Bas-Valais n’ayant pas retrouvé leur ancien statut politique en 1475, lors de la "libération" du Bas-Valais par les Valaisans, après la victoire remportée sur les Savoyards à la bataille de La Planta, devant les murailles de Sion, qui mit définitivement fin à l’occupation du Bas-Valais par la Maison de Savoie. Néanmoins, le souvenir de leur ancien statut subsista et certains chroniqueurs continuèrent jusqu’au XVIIIe siècle à faire figurer 10 étoiles au lieu de 7 sur le blason officiel de la République des 7 Dizains du Haut-Valais.
Après la Révolution de 1798 qui mit fin à l’ancien Régisme, cinq nouveaux dizains furent créés dans le Bas-Valais et le Valais Central francophones pour équilibrer le pays et contrebalancer le pouvoir du Haut-Valais germanophone. C’est ainsi que Martigny redevint un Dizain, auxquels on ajouta les nouveaux Dizains de Monthey, Saint-Maurice, Entremont, Conthey et Hérens, ce dernier détaché de l’ancien Dizain de Sion. Depuis cette réforme, le Valais compte donc 13 Dizains, symbolisés par les 13 étoiles de l’écu.
Précisons en outre que jusque vers l’an 1000, le Valais était entièrement francophone. Ce n’est qu’à partir de 900 environ que le Haut-Valais a été progressivement germanisé, par l’infiltration pacifique de migrants allamans venus de Suisse allemande par les cols des Alpes Bernoises (Grimsel, Furka et Lötschberg) pour chercher de nouvelles terres à exploiter et qui se sont peu à peu mélangés avec les indigènes francophones. Ce lent processus a été très lent et s’est déroulé en douceur sur un demi-millénaire, souvent par alliance matrimoniale. En 1200, Viège, Rarogne et Loèche étaient encore francophones. Vers 1400, Loèche était encore majoritairement francophone. Tous les noms de lieux et des familles actuelles de Loèche ont d'ailleurs conservé une sonorité francophone, même si la population parle aujourd’hui une langue germanique.
A l’époque gauloise, la haute vallée du Rhône était occupée par 4 peuples celtes : Les Nantuates (« Ceux de la vallée ») dans le Chablais, en aval du défilé de Saint-Maurice; les Véragres (« les Terribles ») dans la région de Martigny et de l’Entremont, les Sédunes (« Ceux de la forteresse sur le rocher », en l'occurence les collines de Valère et Tourbillon) dans la région de Sion et du Valais Central, et enfin les Ubères (« Ceux d’en haut ») dans le Haut-Valais, en amont du Bois de Finges. Après une première tentative infructueuse de contrôler l’axe du Grand-Saint-Bernard à l’automne 57 avant J.-C. (défaite des légions de Galba, vaincues par les Véragres et les Sédunes à la bataille d’Octodure / Martigny), les Romains finissent par intégrer le Valais à l'Empire en 16 av. J.-C. lors de la conquête des Alpes. Les 4 tribus gauloises valaisannes sont alors réuinies en une seule cité englobant tout le Valais, la Civitas Vallensium (« Cités des gens de la vallée »). Le terme latin Vallenses signifie en effet simplement « les habitants de la vallée » (du latin vallis = vallée). Il a donné Valaisans et Valais, qui s’écrivait encore Vallais (avec deux –L-) au 18e siècle, ainsi que l’allemand Wallis et Walliser, restés plus proches de l’étymologie latine. Le latin « Vallenses » n'est d'ailleurs qu’une traduction romaine du vieux terme celtique « Nantuates » (« Ceux de la vallée) qui était le nom de la peuplade qui occupait le Chablais, entre Saint-Maurice et le Léman à l'époque de Jules César. Quant à la vallée du Rhône, les Romains la baptisèrent « Vallis Pennina », du nom du dieu gaulois Penninos, divinité celtique des sommets alpins, qui était vénérée au sommet du Col du Grand-Saint-Bernard. Le terme a donné Alpes Pennines, appelées plus couramment aujourd’hui Alpes Valaisannes. Le nom dérive de la racine gauloise Penn : « pointe, sommet, extrémité, cap », que l’on retrouve par exemple dans le breton moderne Penn-ar-Bed (« le bout du monde »), nom breton de la Pointe du Raz, à l’extrémité du Finistère, qui est la pointe la plus avancée du continent dans l’Atlantique... En Valais, le vieux terme celtique s’est d'ailleurs conservé dans le nom de certains sommets, comme La Pointe de Penna au-dessus de Bourg-Saint-Pierre et La Pouenna, nom patois de la paroi de rocher dans laquelle est creusé le Fort de Litroz.
L’écu de gueules frappé d’un lion d’argent brandissant un martel de guerres
Ce sont les armoiries séculaires de la Grande Commune de Martigny dont le territoire englobait la région où se trouve le Fort de Litroz. Le Lion d’argent (blanc) sur champ de gueules (rouge) figure déjà, au XIIIe siècle, sur le blason des Sires de Martigny qui occupaient le Château Vieux, sur la colline de la Crête-de-Saint-Jean (ruines encore visibles). Ce château féodal, l’un des plus anciens du Valais, remonte probablement avant l’an 1000. Il comportait un bourg fortifié et a été abandonné lorsque l’Evêque de Sion a construit en 1260 le château de La Bâtiaz sur l’emplacement supposé d’une ancienne tour romaine.
La couleur rouge de l’écu, très fréquente en Valais, est traditionnellement celle de l’Evêque de Sion dont dépendait la contrée et qui était Prince du Saint-Empire Romain-Germanique en temps que seigneur spirituel et temporel du Valais depuis la donation du Valais par l’empereur Charlemagne. Le martel de guerre d’or (jaune), qui figurait sur les armoiries de la famille Exchampéry, a été ajouté plus tard sur les armes de Martigny, lorsque cette famille noble a repris les droits seigneuriaux des Sires de Martigny. Traditionnellement, le territoire de Martigny a toujours été un fief de l’Evêque de Sion et formait une sorte d’avant-poste face aux possessions du Comte de Savoie en Valais. Aux XIIIe et XIVe siècles, Martigny formait l’un des 10 « Dizains » du Valais épiscopal (déformation de « Dixain », formé sur « dix ») dont le nombre fut réduit à 7 à partir de 1384 suite à un échange de territoire entre l’Evêque du Valais et la Savoie (voir plus haut). Martigny redevint valaisan en 1475 et le resta après la victoire remportée par les Valaisans sur les Savoyards à la bataille de La Planta, devant les murailles de Sion, qui mit définitivement fin à l’occupation du Bas-Valais par la Maison de Savoie. La cité abrite toujours la Maison-Mère de l’ordre des chanoines du Grand-Saint-Bernard qui gèrent l’hospice sur le col depuis plus d’un millénaire et qui sont surtout connus à travers le monde pour leurs célèbres chiens du Saint-Bernard.
La bande extérieure rouge frappée de deux croix blanches
Les deux croix blanches sur fond rouge rappellent le drapeau de la Confédération suisse, qui est une fédération de 26 Etats souverains (les « Cantons » suisses) possédant chacun sa capitale, son propre gouvernement, son propre parlement, et sa législation, au même titre que les Etats-Unis d’Amérique. Le drapeau de la Confédération suisse est directement dérivé de celui du Canton de Schwytz, en Suisse Centrale, dont la déformation du nom a donné Schweiz en allemand, Suisse en français, Svizzera en italien et Switzerland en anglais. C’est l’un des trois Cantons fondateur de la Confédération qui ont décidé d’unir leurs forces le 1er août 1291, par un serment et un pacte solennel juré à mains levées devant Dieu, pour défendre leurs indépendance, leur liberté et leurs droits ancestraux contre l’oppression de l’étranger, en l’occurrence le Duc d’Autriche à l’époque (représenté localement par le fameux bailli Gessler). Chacun connaît la célèbre histoire de Guillaume Tell et de la pomme. La tradition prétend que la croix blanche sur fond rouge, signe distinctif arboré sur leurs tuniques par les Anciens Suisse sur tous les champs de bataille d’Europe, serait directement inspirée des armoiries de l’Abbaye royale de Saint-Maurice d'Agaune, qui arbore effectivement une croix d’argent tréflée sur un champ de gueules (rouge). Le drapeau de la Savoie aurait la même origine.
Cette abbaye royale, l’une des principales d’Europe et la plus ancienne au monde à être occupée sans discontinuité depuis 1500 ans, a été créée en 515 après J.-C. sur les reliques des Martyrs de la légion thébaine, dont le commandant était un certains Mauritius (Maurice). Cette légion romaine aurait été décimée à Vérolliez, dans la plaine de Saint-Maurice, vers 285 après J.-C. sur ordre de l’Empereur romain Maximien, pour avoir refusé de marcher contre d’autres chrétiens.Ce refut fut sanctionné par la "décimation des légionnaires", décapités jusqu'au dernier pour refus d'ordre! Les corps des Martyrs auraient été exhumés et transférés au pied de la falaise de Saint-Maurice à la fin du IVe siècle par le premier Evêque connu du Valais, Thédodore, dont les Valaisans ont fait Saint-Théodule, Saint-Patron officiel du Valais. L’abbaye proprement dite futfondée sur les reliques des Martyrs le 22 septembre 515 par le roi burgonde Sigismund, fils de Gundobald et petit-fils de Childéric, dont le royaume englobait au VIe siècle la Suisse Romande, la région Rhône-Alpes, la Franche-Comté et la Bourgogne, avec Genève pour première capitale. Ces farouches Germains orientaux, installés dans la région du Lac Léman en 443 après J.-C., sont à l’origine des nombreux noms de localités de Suisse romande se terminant par –ens (Vufflens, Echallens, Vuisternens…), déformation du germanique –ingen (« domaine de…). Un contemporain décrit ces redoutables Burgondes comme de grands guerriers blonds et barbus de près de deux mètres de hauteur, couverts de fourrures et arborant de riches armes, aux mœurs farouches et à l’aspect redoutable, dont la prestigieuse lignée royale (Les Nibelungen) donna naissance aux mythes germaniques du Cycle des Niebelungen, chers au compositeur Wagner. Ces Nordiques étaient originaires de Scandinavie, probablement de la région de Bergen sur la côte ouest de la Norvège. Au Ier siècle av. J.-C., ils traversent en bateaux la mer Baltique en faisant étape sur l’île de Bornholm (anciennement Burgunderholm : « l’île des Burgondes ») et s’établissent à l’embouchure de la Vistule, sur la côte nord de la Pologne actuelle. Au IIIe siècle après J.-C., suite à un lent déplacement vers l’ouest à travers la Germanie, ils occupent la région du Main dans le sud-ouest de l’Allemagne où ils se heurtent en 270 après J.-C. aux légions romaines postées sur la frontière du Rhin et aux Germains Allamans (les ancêtres lointains des Suisses Alllemands, nos cousins de Suisse alémanique). Profitant de la déliquescence de l’Empire romain, les Burgondes franchissent en masse le Rhin gelé dans la nuit du 25 décembre 406 et pénètrent au coeur de l’Empire romain. Installés un moment comme fédérés dans la région de Worms (Rhénanie), où ils fondent un royaume légendaire pour son or et célébré dans le Lied des Nibelungen, ils s’installent finalement dans la région lémanique et la Suisse romande en 443 où ils fondent un puissant royaume dont le rayonnement perdurera durant des siècles, aux époques mérovingienne et carolingienne. En 888, le Welfe Rodophe Ier fonde à Saint-Maurice d'Agaune le second Royaume de Bourgogne (dont le nom dérivé de Burgonde) qui englobe le Valais et la Suisse et qui s’étend peu à peu de Bâle, sur les rives du Rhin jusqu’à Arles et à la Provence au sud, en descendant le Rhône. Ce puissant royaume perdurera jusqu’en 1038, à la mort de Rodolphe III dernier membre de la dynastie royale welfe, avant de passer par héritage à l’Empereur d’Allemagne, chef du Saint-Empire romain-germanique.
Quant à Mauritius, le commandant en chef décapité de la légion thébaine, il est devenu dès le Haut Moyen Age le Saint-Patron des guerriers et des soldats, sous le nom de Saint-Maurice d’Agaune (Agaune étant l’ancien nom gaulois de la localité de Saint-Maurice). Vénéré par la chevalerie et les gens d’armes, on le représente toujours cuirassé et à cheval, car il s’agissait d’un cavalier. Sa lance, précieusement conservée jadis à l’Abbaye royale de Saint-Maurice, a été offerte au Moyen Age avec des reliques du Saint à l’Empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique et se trouve aujourd’hui au musée de Vienne (Autriche) où on peut l’admirer...
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