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[e16]           

  Le fort d'infanterie d'Evionnaz [1]

Le fort d’Evionnaz est le dernier ouvrage d’infanterie important que l’on rencontre avant d’aborder le verrou stratégique de Saint-Maurice lorsqu’on descend la vallée du Rhône pour sortir du Valais. Armé de canons antichars et de mitrailleuses, sa mission était de flanquer la ligne antichars Evionnaz-Collonges (voir rubrique spécifique sur ce site) pour bloquer tout ennemi cherchant à percer depuis le sud en direction de la forteresse contrôlant le défilé. Implanté en rive gauche, sur les premières pentes du versant, il constitue le principal organe de défense de la position de barrage. Un contre-ouvrage existe sur la rive droite, à l’autre extrémité de la ligne antichars, mais il est plus petit.

Le fort d’Evionnaz était servi par une compagnie. L’ouvrage, entièrement réalisé sous roc, se développe sur quatre niveaux superposés mais seuls les deux premiers étages, reliés par un escalier intérieur, sont relativement étendus. Ils abritent les différentes positions d’armes et comportent chacun un petit casernement comprenant un logement pour la troupe. Le cœur de l’ouvrage se situe toutefois au deuxième niveau où l’on trouve le réservoir d’eau et la salle des machines abritant le groupe électrogène de secours. Les installations sont confortables mais limitées au strict nécessaire. Ainsi l’ouvrage ne comporte pas de réfectoire, les repas étant pris directement sur des tablettes rabattables fixées le long des murs des couloirs.

Le troisième niveau, plus petit et que l’on atteint par une rampe, abritait un poste d’observation couplé à un projecteur chargé d’éclairer la ligne en conditions de combats nocturnes. Seul un puits taillé à même la roche et équipé d’une échelle verticale permet d’accéder au quatrième niveau qui se résume à deux petits postes d’observations offrant une vue plongeante sur la plaine du Rhône.

Le local de garde et l’entrée actuelle de l’ouvrage ne faisaient pas partie du fort à l’origine. Cette partie est en effet plus ancienne que le fort et constituait en 1939 le local de la Défense aérienne passive (DAP) de la localité d’Evionnaz. Lors de la construction du fort, le local de la DAP fut incorporé à l’ouvrage militaire et l’armée fit percer la très longue galerie rectiligne qui le relie au fort. La principale motivation était de créer ainsi une entrée située à bonne distance du cœur de l’ouvrage, défilée aux coups et à l’observation de l’ennemi par un renflement du versant. L’armement, constitué à l’origine de canons antichars de 4,7 cm et de mitrailleuse Mg-11, a été remplacé dans les années 1970 par des canons de 9 cm 50/57 sur affût-pivot et des mitrailleuses Mg-51. En ce qui concerne le logement d’Evionnaz, la distribution des locaux de part et d’autre du couloir est typique des conceptions de Hausamann, chef du génie de la brigade forteresse 10 durant la seconde guerre mondiale. Hausamann avait en effet pour principe de construire des ouvrages avec les locaux disposés le long d’un couloir et de chaque côté, à l’image d’une rue de village. Le colonel Chaperon, ancien commandant de la Région Fortifiée de Saint-Maurice, avait d’ailleurs l’habitude de parler de « village Hausamann » pour évoquer ce type de distribution des locaux. On retrouve évidemment ce schéma distribution dans un grand nombre de forts du Bas-Valais construits durant la seconde guerre mondiale, notamment à Savatan, Dailly, Champex, Commeire, Follatères…

 
 

          
  
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